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Nine Inch Nails : Year Zero ( Universal )
Comment sera la vie en 2022 ? C'est la question que pose Nine Inch Nails avec "Year Zero".
Leur idée initiale était simple, imaginer notre monde dans quinze ans. Au programme, une société décadente, des dirigeants corrompus, des groupements humains en proie à l'hallucination collective, un pouvoir souillé par une ambition et un individualisme furieux. Trent Reznor, incontestable cerveau de NIN, propose une fois de plus sa conception déjantée de l'humanité et une vision artistique très actuelle quoique décalée. L'album dresse un tableau sombre et pessimiste, dérangeant de réalisme, imprégné de touches rock indus et électro expérimental.Sur ce projet, l'artiste américain de Cleveland, Ohio, s'est démultiplié en s'attelant à la fois à la réalisation, à l'écriture et à la production. En parallèle, le groupe a lancé un concours sur Internet pour assurer la promotion de l'opus. Réalisé durant la dernière tournée de NIN par un leader dans une dynamique quasiment solo, ce nouvel album réconcilie Nine Inch Nails avec l'inventivité et la prise de risque artistique. Les morceaux, souvent inégaux, dévoilent une volonté d'élargir leur palette musicale. Ainsi, on découvre titres tantôt formatés et surléchés ciblant un large public, tantôt sombres et introvertis, flirtant avec des sonorités dissonantes ("The Warning", "Survivalism", "God Given").Dès le début de l'album, on ressent une volonté de renouer avec le bricolage sonore, nettement plus dérangeant et aventureux que sur le précédent disque, "With Teeth".Energie saturée ("Meet Your Master", "The Great Destroyer"), et refrains lancinants ("The Downward Spiral") rompent avec la tendance épique à laquelle le groupe s'adonne avec plaisir (hormis sur "The Beginning of the End"). Gros jeu sur les basses, confusion entre guitares et synthétiseurs, tout s'organise sur "Year Zero" comme si Trent Reznor souhaitait réinventer le mode opératoire sans trop déstabiliser l'auditeur.Au final, ce projet audacieux s'avère à la hauteur de nos espérances. Un disque subtil qui nous plonge dans une léthargie electro-rock, où l'émotion se digère plus qu'elle ne se consomme. Eloïse Bouton
Eloîse Bouton
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