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Noisettes : Wild Young Hearts ( Universal )
Les Noisettes sont l'archétype du groupe à côté duquel il est aisé de passer (en habitant en France, par exemple). Petite séance de rattrapage…
Au commencement, il y avait le EP Three Moods of the Noisettes qui, comme son nom l'indique, contenait quatre titres. Le premier d'entre eux, "Don't give up" est un irrésistible manifeste électrique, fruit des amours contre nature d'une pelletée de graviers et d'un hectolitre de sueur qui donnera peu ou prou naissance à un premier album : What's the time Mr Wolf?. Hélas, trois fois hélas, la production un peu trop soignée rabotera l'énergie animale du groupe avec une lime industrielle du genre à pouvoir faire s'évader le casting entier d'une saison de Prison Break. Ainsi privé de ses plus belles canines, le loup du titre gémit finalement plus qu'il ne grogne. Dommage. Pire : les Noisettes parvenaient même à sonner ENCORE MOINS énergiques en concert que sur disque (paradoxalement, c'est à cette époque que Philippe Manœuvre – dont les oreilles ne servent plus depuis bien longtemps qu'à tenir ses lunettes – adoubera le trio comme combo le plus rock'n'roll du moment). Re-dommage.
Le deuxième titre du EP originel, "Monte Cristo" (également présent sur le premier album) est, quant à lui, une perle noire délicatement posée sur un coussin de soie. Une caresse vocale aux bons soins de mademoiselle Shingai Shoniwa, chanteuse anglo-zimbabwéenne dont les prouesses derrière un micro ne sont certainement pas étrangères à l'intérêt que leur a porté le légendaire label Motown, pourtant peu versé dans les rugissements de décibels distordus. Oui, mais voilà, sur leur second album – celui qui nous intéresse aujourd'hui – les Noisettes ont justement décidé d'explorer le spectre de la ballade pop downtempo dont "Monte Cristo" constituait la première nuance.
Ça commence comme une blague : un crescendo "queenien" de guitares essorées façon Brian May qui meuble les toutes premières secondes de l'album avant de laisser place à la première vraie chanson, un "Sometimes" gracile quasi-jazz exécuté à la guitare sèche. Quelques pistes plus loin, "24 Hours" ressuscite la pop-song chamallow surproduite façon 50's, le single "Every now and then" se pare de cordes classieuses, un "Atticus" dépouillé au possible (guitare/voix) vous arrache sans peine quelques frissons de plaisir tandis que "Never Forget You" prend des airs de Raveonettes avec ses chabadas électriques.
Et si les Noisettes étaient tout simplement plus faits pour la pop que pour le rock furibard ? Ce pourrait être vrai s'il n'y avait pas la chanson "Wild Young Hearts" pour instiller quelques (kilo)grammes de brutes dans ce monde de finesse ; un titre jouissif qui s'ouvre sur des "la la la" espiègles pour s'achever sur un final grandiose où l'électrique le dispute à l'exubérance. Quant à "Don't upset the rhythm (go baby go)", son arrogance diablement funky lui a ouvert les portes des dancefloors d'outre-Manche (et à l'écoute on comprend vite pourquoi).
Figurant parmi les meilleurs albums de l'année 2009, Wild Young Hearts est aujourd'hui réédité par Mercury/Universal. Ne le ratez pas cette fois !
Michael Rochette
Michael Rochette
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