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Placebo : Battle for the sun ( Pias )
Placebo qui nous mène au combat pour le soleil, on croit rêver. On aurait plutôt imaginé Brian Molko et ses petits copains peinturlés en oiseaux de nuit, teint blafard et adeptes d'ambiances vampiresques un peu moins cul-cul que ce navet de Twilight.
Doit-on alors y voir de la part de Placebo une volonté de trancher avec leur image sombre, et ainsi échapper un peu à Nicola Sirkis et sa manie de les copier/coller pour draguer leur public ? Le jeune et fringuant nouveau batteur a-t-il rendu plus optimiste le trio britannique ? Et bien non. Placebo est toujours Placebo. La rythmique de "Kitty Litter" vient vite rappeler à quel point le groupe bimetromosexuel (on ne sait plus très bien) a été et reste toujours pour toute une génération l'une des plus belles voix à exprimer le "teenage angst", phénomène bien connu des parents du monde entier, puisque frappant tous les jeunes adeptes du Biactol.
Le mal-être adolescent, voilà d'où Brian Molko tire son inspiration. Et ce mal a grandi avec son chanteur. Il est désormais adulte et affronte ses responsabilités, en essayant de mûrir et de s'ouvrir un peu. Au niveau des innovations, on notera notamment l'utilisation de l'espagnol sur l'efficace "Ashtray Heart", mais surtout les claviers quasiment euphorisants de "Birght Lights", et l'incroyable "Kings Of Medicine". La dernière chanson de l'album fait en effet office d'un baroud d'honneur assez bluffant. Le chant de Molko captive dès le début, et le piano, puis d'autres instruments viennent se greffer tout le long de ce crescendo qui s'achève avec... des cuivres ! Et ouais, c'est la fête au village chez Placebo, qui parvient à surprendre l'auditeur, mais sans le dérouter pour autant.
Le timbre de voix si spécifique et le soin apporté aux arrangements permettent en effet de reconnaître aisément la patte du combo. A un point tel que le phrasé sur "Battle For The Sun" vient plus que loucher sur celui de "Pure Morning". Mais rendons à Placebo ce qui est à Placebo, qui a su mettre un peu d'eau dans son vin, de four dans son moulin, de cruche dans son eau, pour se renouveler un petit peu, faire évoluer sa musique, et accoucher d'un album qui vient effacer les déceptions qu'étaient leurs dernières productions. Plus qu'un nouvel opus, il s'agit sans doute d'un nouveau départ. Cette bataille pour le soleil aura donc permis à Placebo de venir à bout de l'éclipse, et d'apercevoir de nouveaux horizons.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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