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Plasticines : About love
Les Plasticines prouvent avec ce second album qu’elles sont aussi agréables à écouter qu’à regarder. Ouh l’argument sexiste si il en est, mais tout de même, il faut avouer que ce n’était pas forcément gagné pour un groupe aux allures très marketing, débarqué pendant la vague des baby rockers comme représentant à guitares du sexe supposé faible avec un premier album aussi vite oublié qu’écouté.
Bon, l’aspect marketing est encore omniprésent. Là on essaie de nous faire croire que ce sont des stars aux Etats-Unis, que les Jonas Brothers veulent les faire tourner (au propre comme au figuré) et qu’Obama prend la première dame en écoutant « About Love ». C’est bon, on a déjà voulu faire croire à la France que Billy Crawford était le nouveau Michael Jackson, alors hein !
Ce qu’il y a d’américain en revanche, c’est la grosse production, signée notamment Butch Walker, qui décidément aime bien s’entourer de gens qui se regardent sans grimacer, puisque le gaillard a bossé avec Avril Lavigne, Katy Perry, Pink ou… Lindsay Lohan. En gros, les radios aiment bien le gars, qui verse aussi dans la pop/punk, ayant bossé avec American Hi-Fi, Bowling For Soup, Simple Plan ou sur le dernier Weezer (mais ça, il ferait mieux de pas s’en vanter). Alors voilà, on s’attend à des tubes, et on en a, l’énorme « Barcelona » en tête de liste. Efficace dès les premières secondes, le morceau ne sert pas de jingle publicitaire actuellement par hasard. La petite perle de l’album, assurément.
Un album avec une majorité des titres écrits en anglais. Sans doute persuadées que la France aimait trop coller des étiquettes pour qu’elles puissent vraiment cartonner ici, les jeunes et jolies se sont penchées sur la langue de Shakespeare, qui n’en demandait pas tant. Mais surtout, le choix de l’anglais pour le rock apparaît encore une fois comme une évidence, tant ses sonorités et les rythmes qui en découlent correspondent mieux au genre. En plus, ça permet de ne pas toujours saisir ce qui est dit, et des fois, bah c’est pas plus mal. Primo, parce que les textes en français ne sont pas toujours géniaux (même loin de là pour « Caméra »). Deuxio, parce si on traduit le texte de « Bitch », par exemple, ça donnerait : « Je suis une salope quand je me lave les dents, je suis une salope quand je marche dans la rue, je suis une salope quand je me colorie les lèvres, je suis une salope quand les gens me regardent ». Ouais, c’était vraiment une bonne idée de passer à l’anglais, parce que dans la catégorie « paroles débiles en français avec voix féminine », il y a déjà Superbus qui squatte la place…
Alors certes il y a de la confiture et du cochon dans cet album, encore inégal sur 40 minutes, mais offrant suffisamment de jolis moments et un bon paquet de refrains que l’on jurerait dégainés par des cheerleaders en furie (« Another Kiss »), et surtout une énergie et un sens de la mélodie des plus respectables pour un groupe si jeune.
Alors oui, le côté « je suis un fashion girl » déborde tout au long du disque et d’un livret agrémenté de photos à la Sex & The City, mais musicalement, elles font du rock, et bien. La vraie question maintenant, c’est de savoir si comme les groupes de mecs, les filles qui font du rock se bourrent la gueule, sniffent des rails et se tapent des groupies dans les loges ?
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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