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Prince : Lotus Flow3r / MPLSoUND / Elixer ( Because music )
Quarantième saillie discographique sortie des studios de Minneapolis, le dernier projet de Prince se présente sous la forme d'une étonnante trilogie comprenant les albums Lotus Flow3r, MPLSoUND et Elixer. Trois livraisons qui jettent une lumière mitigée sur l'actualité artistique d'un génie qui approche la cinquantaine.
Le plus classique de ces disques, au regard de l'histoire musicale de Prince, est incontestablement MPLSoUND. Compilation de beats surgis des années 80 qui récitent les programmations de la période « When Doves Cry » ou de l'album Purple Rain mais aussi le traditionnel R'n'B léché qui colle à l'histoire du kid de Minneapolis, ce disque invente cependant quelques bonnes bienvenues, dressant notamment un pont entre passé et présent via la présence de nappes autotunées et de quelques artifices rythmiques. On en retiendra aussi les programmations griffées et les guitares libres de l'excellent « Ol'Skool Company », coup de maître en forme de funk débridé qui projette le disque dans ces eaux électriques troublées ou Prince a toujours aimé nager.
Mais The Artist demeure The Artists, cependant, et l'opus n'échappe pas aux balades romantiques sans teint, peuplées de plaintes passéistes et d'étoiles synthétiques. Dans le même esprit, « No more candy », qui évoque le vieux rock avec une intention louable rate son but, serti dans une production un peu étriquée qui abîme sur des synthé asséchés et des rythmes étroits ses idées pourtant intéressantes. La production de Lotus Flow3r et le spectre hyper large des styles abordés (du jazz-rock au blues électronique en passant par la pop la plus pure) relèvent le niveau, transpercés par les formules guitaristiques monumentales de « Boom » ou de « Colonized Mind » relèvent en dessinant une extension aussi cohérente qu'excellente. Sans doute le plus inventif de ces trois disques, tranchant avec le classicisme de MPLSoUND et les pâles incantations jazz d'Elixer.
Un épais gâteau à trois étages qui aurait gagné en concision et aurait sans doute touché sa cible en plein cœur si les meilleurs instants de cette triple errance avaient été rassemblées sur un seul -voire deux- disques.
Thomas Blondeau
Thomas Blondeau
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