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Psy 4 De La Rime : Enfants de la lune ( 361 records )
Psy 4 de la rime est partout, une tournée nationale qui débute mercredi à Paris, un nouveau dvd. Retour sur le dernier album des enfants du block : Enfant de la lune.
Un grand succès puis 3 ans d'absence... Après un premier album devenu disque d'or, le quatuor phocéen Psy 4 de la rime revient avec son nouvel opus, Enfants de la lune... Le retour des enfants du blockElles nous avaient manqué, leurs voix ensoleillées... Petite présentation de ces quatre rappeurs du sud : fondé en 1995 dans le quartier nord de la cité phocéenne, le groupe, venu du quartier du Plan d'Aou à Marseille, est repéré sur la B.O. du film Comme un aimant. Señor Alonzo, Soprano M'Baba et Don Vincenzo en sont les MC. Quant à Dj Sya Styles, comme son nom l'indique, il en est le Dj. Mais qui aurait imaginé un tel succès ? Block Party, sorti en 2002 sous le label d'Akhenaton 361 Records, se vend extrêmement bien : les Psy 4 De La Rime ont trouvé leur place dans le monde du rap. Ils nous présentent cette fois leur deuxième album, Enfants de la lune (un titre qui est également celui d'un des morceaux proposés, à savoir la reprise du « Hijo de la luna » rendu célébre en son temps par le groupe espagnol Meccano). Ce nouvel opus s'inscrit dans la continuité du premier (la chanson qui ouvre l'album ne porte pas le numéro 1 mais le numéro 15 ; dans la mesure où Block Party comportait 14 titres, il est facile de comprendre qu'on nous en propose ici la suite immédiate) mais avec beaucoup plus de maturité. Symbole de cette double orientation, l'illustration de la pochette est presque la même que celle de l'opus précédent mais la cité alors illuminée s'est assombrie et les bâtiments s'écroulent sous les rayons de la pleine lune.Tout commence par « Voilà » : « Où sont les mecs des blocks, c'est le retour de la Psy 4 ». Ça y est, ils sont enfin là ! Et ils reviennent avec des textes réfléchis dénonçant le regard que certains portent encore sur le rap : « Depuis quand le rap est synonyme de gangstérisme, de major qui font du proxénétisme ? À fond dans la bêtise ! ». Tout au long de l'album, les membres du groupe lancent un cri d'alerte en parlant du monde et de la jeunesse d'aujourd'hui, laquelle semble totalement perdue. Dans « Effet de style, effet de mode » ils pointent ainsi du doigt des pratiques qui pourraient sembler anodines si l'enjeu n'était pas si crucial : « Tu veux savoir, les jeunes, ce qu'ils veulent ? De l'émeraude, effet de style, effet de mode. Tu veux savoir, en bas, ce qu'ils vendent ? De la drogue, effet de style, effet de mode... ». Mais les textes des Psy 4 ne se contentent pas de dénoncer certaines dérives de la société. Ils racontent aussi leur vie passée au milieu des blocks. Comme ils le démontrent dans « Civil », le rap leur sert d'échappatoire : « Je passe mon temps à mettre ma cendre sur une feuille, en espérant que le rap me serve de patch ». Et c'est bien ainsi qu'ils se libèrent de leurs peines, de la même façon que les patchs anti-tabac peuvent libèrer de la nicotine. Soprano en donne une autre preuve avec « Comme une bouteille à la mer », un titre particulièrement triste qui tourne vite à l'exutoire. Si ce long monologue donne l'impression de ne pas être « construit », c'est parce qu'il déverse un certain nombre de pensées telles qu'elles se présentent : « Si tu penses que je dois voir un psy, dis toi que je n'ai que le rap comme divan ». Seul point un peu décevant : l'absence d'artistes invités mise à part Ana Torroja pour la reprise de « Hijo de la luna ». Étant donné que cet album paraît une fois de plus sous le label d'Akhenaton, on aurait pu espérer que les Psy 4 partageraient au moins un titre avec lui (d'autant que dans son dernier album, Soldat de fortune, AKH chante avec notre quatuor phocéen sur le titre « Vue de la cage »). Dommage...Cela n'enlève rien toutefois au talent des Psy 4 De La Rime, dont les fans ne manqueront évidemment pas les concerts à venir. Leur tournée débute en effet le 1er novembre au Bataclan de Paris. Elle les conduira ensuite à Nantes, Lyon, Toulouse et dans bien d'autres villes. Mais pour l'heure, comme l'exprime Don Vincenzo sur le titre mélancolique « Dans les bras de Gabriel » : « Moi, il est temps que j'y aille. Donc je vous tire ma révérence, je me taille ».Mélody El Mouafi
Mélody El Mouafi
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