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R.E.M. : Accelerate ( Warner Music )
En apprenant que R.E.M. sortait son quatorzième album, on ne s'est pas mise à sautiller sur place d'excitation. Ça fait bien longtemps que le groupe américain a sombré dans l'autoparodie, enchaînant les disques fadasses et les poses de bon samaritain sauveur de l'humanité qui fatiguent à la longue.
Pour ne rien arranger, Stipe et ses petits camarades de jeu balançaient des nouvelles alarmantes au sujet d'"Accelerate". C'est The Edge, le U2 à chapeau, qui leur avait recommandé leur producteur. Et puis, si on était bien sages, on le découvrirait en avant-première sur Facebook. Des visions de gros machin musical pompeux voulant se donner des airs jeunes et branchouilles nous assaillaient donc jusqu'à ce qu'on écoute enfin le petit dernier de R.E.M.
Première bonne surprise : il est court. Une grosse trentaine de minutes pour onze morceaux, voilà qui ne laisse pas de place au remplissage et qui va ravir ceux qui préfèrent la qualité à la quantité. Et puis, ce n'est pas une hallucination, non, les trois Américains ont retrouvé l'inspiration et du nerf au passage. Ça se sent dès l'intro, l'urgent "Living Well Is The Best Revenge", sorte de fracas rock qui évoque… oui, du bon R.E.M. des débuts !
La suite est dans la même veine (on recommande "I'm Gonna DJ" qui déboule à toute allure, ponctué par une batterie cognant sans relâche avec ses faux airs de vieux tube des Beastie Boys). Le groupe ne s'est pas réinventé, on a plutôt l'impression qu'il est allé rechercher ses vieux pots dans lesquels ils faisaient de si bonnes soupes. Ça tombe bien, c'est exactement ce qu'on aimait, les guitares à la Byrds, les harmonies vocales, le début de mitraillette de Stipe…
Ça fait plaisir de vous revoir, les gars. Sans rire, vous nous manquiez.
Isabelle Chelley
Isabelle Chelley
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