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Rammstein : Liebe ist für alle da
On l'aura attendu plus de quatre ans, ce nouvel album de Rammstein, sans cesse repoussé pour cause de perfectionnisme.
Toutefois, une fois l'objet en main – et dans les oreilles – on ne peut s'empêcher de se demander ce qui a pris si longtemps. Car sans aller jusqu'à dire qu'il s'agit là d'un mauvais album de Rammstein (l'excellence à laquelle nous avait habitués le sextet teuton est encore une fois au rendez-vous), force est de reconnaître que Liebe ist für alle da est quand même un peu plan-plan.
Débarrassés du doute après cinq albums tous acclamés sur le plan international, les Berlinois s'empâtent un peu dans leur formule et passent en pilote automatique niveau composition. Encore une fois, ce n'est pas mauvais, mais ce n'est pas bouleversant non plus, tant aucune piste ne semble avoir privilégiée : on clapote plutôt tranquillement sur les acquis, réduits ici à l'état de touches éparses planquées au fond du mix (un poil d'electro par-ci, un peu d'instruments classiques par-là…). Il suffit d'ailleurs qu'ils suivent une idée jusqu'au bout pour que le contraste se fasse flagrant, pour le meilleur ("Waidmanns Heil" et ses cors conquérants, les nappes new wave de "Haifisch"…) et malheureusement parfois pour le pire ("Frühling in Paris" et sa reprise ultra-kitsch d'un refrain de la môme Piaf, le lourdaud "Pussy" qui ferait passer le déjà pas très fin "Te Quiero Puta!" pour un sonnet de Verlaine).
Au final, ce sixième album accuse une prise de poids générale, tant dans son approche frontale ("Rammlied") que dans l'absence de ces ballades de cristal et d'acier qui aéraient savamment leurs précédentes livraisons (pas un titre de la trempe d'"Engel", "Sonne", "Mutter" ou "Ohne Dich" pour contrebalancer). Du Rammstein brut à qui il manque cruellement quelques grammes de finesse.
Michael Rochette
Michael Rochette
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