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Rise against : Endgame
Si l'adage « c'était mieux avant » est utilisé dans tous les genres de musique (même si on a du mal à voir quand l'eurodance aurait pu être qualifiée de « bien » ), c'est dans doute dans les musiques alternatives qu'il est le plus employé. Parce que ces courants sont moins populaires, et du coup, plus extrémistes…
Allons demander à un métalleux qui adulait Marilyn Manson quand il avait 12 ans ce qu'il en pense maintenant. « C'est de la merde, sa musique c'est de la soupe, et c'est trop commercial ». Et c'est la même chose dans le punk-rock. Dépasse les 1000 exemplaires et tu es un vendu à la solde su star system, et si tu parviens à vivre de ta musique, alors là, au bûcher ! Mais ces jugements hâtifs et passionnés pointent tout de même quelques vérités. De façon exagérée, certes. La formule qui va toujours bien, c'est aussi « le premier album était mortel, après c'est de la merde ». Sauf qu'en général le concerné a toujours découvert le groupe en question à son 3ème album, qu'après il s'est plongé dans sa discographie et décidé que pour faire bien, il ne fallait jurer que par le premier, même si il a été enregistré dans un garage, qu'on ne comprend rien aux paroles, et que le kick de la batterie sonne comme un coup de cuillère à soupe sur une casserole percée. Mais non, le punk intégriste va quand même dire qu'il préfère celui-là, alors qu'en vrai, il préfère largement ce 3ème album et l'écoute sous sa couette avec son casque une fois la nuit tombée... Ce parcours est celui de Rise Against. Adulé à ses débuts, avec des albums fulgurants, le groupe a vu sa côte musicale baisser en même temps que son public croissait. Paradoxal ? C'est aussi un peu comme ça que ça marche. Mais il faut bien dire que la fougue des débuts est au placard, et que le groupe ne parvient plus à dégainer des refrains exemplaires capables de faire jumper 10 000 personnes. La formule s'essouffle depuis «Appeal To Reason, et pourvu que Endgame ne soit pas un titre prémonitoire. Rise Against s'est toujours revendiqué comme « composant des chansons pour que le public puisse s'amuser ». Et franchement, si on sent bien que eux se sont amusés comme des petits fous en studio, à enchaîner riff de guitare sur riff de guitare, la puissance mélodique des lignes de chant laisse à désirer. La formule s'essouffle, en attestent des titres poussifs comme l'interminable « Midnight Hands », et même « Survivor Guilt » ou « Broken Mirrors», où l'on prend plaisir à écouter les guitares s'envoler, mais où on attend toujours que le refrain décolle et accouche d'un tube. Mais à chaque fois le soufflé retombe, exactement comme sur le single « Help Is On The Way ». Le chant du chanteur aux yeux verrons Tim McIllrath revient en terres déjà connues, comme si il avait déjà fait le tour de ses capacités vocales. Ça tourne en rond, avec ces accélérations sur les couplets et ces refrains plus heavy pour poser la mélodie. On dirait une version hardcore de Shakira... Histoire de se la faire un peu comme Green Day (la moyenne d'âge de l'audience des deux groupes étant à peu près similaire), on retrouve même des choeurs d'enfants sur la crapuleuse « Make It Stop (September's Children) », qu'on jurerait avoir déjà entendu dans le répertoire de Rise Against. Où quand le principe du plat à réchauffer au micro-ondes s'applique à la musique. Mais au milieu de ces mets indigestes, tout n'est pas à jeter. Rien que les plans de gratte et l'énorme production sauvent l'ensemble (« Satellite »), et si le principal souci de ce disque est le manque d'âme et de fougue (ainsi que des titres trop longs, faisant tous plus de trois minutes et expliquant sans doute le manque d'efficacité), le groupe s'offre quelques bons moments, avec le titre d'ouverture, « Architects », ou encore le déboulé « Disparity By Design ». Ça ne fait pas beaucoup, c'est sûr, et Endgame est le plus mauvais album de Rise Against à ce jour, mais ça n'empêche pas cet album d'être en tête des charts dans de nombreux pays et de s'être déjà écoulé à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires. Et puis leur meilleur album, ça reste « Revolutions Per Minute ». Non non ce n'est pas le premier. C'est le second... ?
Sébastien Delecroix
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