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Salif : Qui m’aime me suive ( Discograph )
Le p’tit Boulogne Boy a grandi et s’essaie maintenant à tous les styles musicaux, ne se mettant aucune barrière. Ce qui donne une tape qui a tout d’un véritable album.
Lui, appelle ça un « projet ». Il est vrai que la nouvelle galette de Salif ne rentre dans aucune case. Il faut dire que Salif n’a jamais vraiment fait grand-chose comme tout le monde. Quand il arrive sur la scène du rap français, en 2001, il met une grosse claque à tout le monde avec son Tous ensemble, chacun pour soi. Sans aucun préavis. Il a 19 ans et parle comme un vieux gangster de 60 balais. Son style est on ne peut plus percussif mais également très littéraire. Et, en même temps, il met ses tripes à l’air et écrit des morceaux intimistes comme personne, mettant à nu tout ses défauts, dont ses addictions multiples. Le petit protégé de Kool Shen, signé chez IV My People, ex-futur du rap français a fait du chemin depuis.
Après des tonnes de feats, deux street-CD remarqués (Boulogne boy en 2007 et Prolongations en 2008), son 2nd opus, Curriculum vital, n’arrive dans les bacs que l’an dernier. Ultra dark, très rue, il n’offre qu’un seul des multiples visages du rappeur. Mais c’est son choix. Et, à l’époque, il annonce à qui veut l’entendre que la suite sera bien différente. Cette fois, l’on pas eu trop longtemps à attendre. Une petite année seulement pour que les 16 titres de Qui m’aime me suive arrivent, presque en indépendant. Un projet entre album et mixtape qui fait le pont entre son opus précédent et le prochain. Et qui annonce, forcément, les changements à venir. Des sons nouveaux pour commencer. Produits par Kilogrammes, Blastar, Cannibal Smith, Canardo ou Titans. Avec une grosse tendance à l’éléctro et à la pop, deux genres musicaux que le rappeur ne s’est jamais caché d’aimer.
Mais surtout, ceux qui l’ignoraient découvrent ici que le bad boy est aussi capable de se taper de bons gros délires. Le meilleur exemple reste ce Jean slim qui emprunte sa prod bien électro à Canardo, offre un visage plus souriant et profite d’un clip coloré très fluo kids. On pense aussi à l’ironique J’aime pas les clubs ou du bien reggae Bif, Love & Unity feat. Censé. Une ouverture au niveau des thèmes lyricaux comme musicaux qui explose sur Salif vs Salif, très rock. La qualité de l’écriture est toujours aussi présente et les morceaux rap bien rentre-dedans n’ont pas été oublié comme sur Assurance Hebs, Statu Quo ou Banlieue française. Mais Salif a vraiment évolué, comme quand il chante sur O.D et Nostalgie du block, s’offrant de nouveaux univers mélodiques tout en conservant son discours acéré.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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