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Sat l’artificier : Diaspora ( Sony/BMG )
Ex-membre de la Fonky Family, Sat a toujours été un militant du bon vrai rap, celui qui porte un message autant qu’il tue par ses punchlines efficaces. Avec son 3ème opus solo, il confirme qu’il reste l’une des meilleures gâchettes du rap marseillais.
Il fait partie de ce que l’on peut appeler la seconde génération du rap marseillais. La première étant celle d’IAM, la seconde, la sienne, celle de la FF et la troisième, celle des Psy 4 de la rime. Pourtant, Sat l’artificier ne se l’ai jamais joué daron ni grand frère. Il ne s’est jamais, non plus, reposé sur ses lauriers. Il aurait très bien pu, pourtant ! Son groupe, séparé depuis seulement 4 ans le début des années 2000 avec des albums comme Si dieu veut mais surtout Art de rue en 2001 et des titres comme Bad boys de Marseille ou Sans rémission. Mais non, Sat ne prend pas vraiment ce succès comme le sien, comme il expliquait dans une interview donnée à waxx-music.com : « Tout ce qu’on a réussit à créer et à générer avec FF, je ne peux pas le prendre pour moi. C’était une aventure commune et je n’ai qu’1/8 de responsabilité dans ce qu’on a réussit à faire. »
Alors, à 30 ans passés, avec plus de 20 ans de carrière de MC derrière lui, Karim (de son vrai nom) doit encore faire ses preuves. Et, pour lui, chaque album solo est à chaque fois une manière de démontrer que le niveau a augmenté parallèlement au nombre des années. Après Dans mon monde et Second Souffle, voici donc son troisième opus solo en huit ans. C’est dire si l’animal travaille ses beats et ses lyrics, prend son temps. Ici, le concept s’est imposé de lui-même : le rap marseillais dans toute sa splendeur. Pour l’occasion, il a alors invité plus de rappeurs qu’il n’a de titres. Ce qui donne à chaque fois des combinaisons inédites et de très haute volée. On pense tout d’abord au génial Plus que de la musique, réunissant les trois générations de rappeurs marseillais à travers trois grandes figures : lui, Akhenaton et Soprano des Psy 4 de la rime.
On pense aussi au morceau le plus soul et le plus personnel de l’album, La race des battants, avec Shurik’n et Saïd. Mais, si l’on retrouve des vieux de la vieille comme Faf Larage sur le bien nommé Retour aux sources, Sat s’est également énormément tourné vers les petits jeunes, les futures stars (du moins on l’espère) du hip-hop phocéen. J’ai nommé la sulfureuse Keny Arkana et son pote RPZqui porte un titre engagé jusqu’au bout des beats, Vox Populis. Mais aussi Gino et Tonyno de Sale Equipe sur Au pied du mur ou R.E.D.K. & L.O. de Carpe Diem sur Le Hood qui apporte leur énergie combattante. En mélangeant les styles, les générations et les flows, Sat parvient à rendre un hommage vibrant et réussi au rap français dans son ensemble.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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