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Scarlett Johansson : Anywhere I Lay My Head ( Warner Music )
Faites l’essai. Mettez cette galette sur votre platine et essayez de faire devinez qui chante. Un homme ? Une femme ? Une princesse à la voix de plomb : la douce actrice Scarlett Johansson.
Contrairement à ses consœurs qui ont tant déçues en passant derrière le micro, la nouvelle égérie de Woody Allen a réussi la transformation. Tellement bien qu’on ne la reconnaît plus du tout. Sa tendre délicatesse s’est mue en une grâce parfois angoissante, une gravité troublante qui prend aux tripes. Une réussite qui n’a pourtant rien d’un tour de magie. Scarlett Johansson est une mélomane avertie depuis l’enfance. Et une femme de tête qui sait prendre des risques. Quand elle décide de faire un disque, elle choisit comme réalisateur le bidouilleur en chef de TV On The Radio. Et comme répertoire les titres sombres et mythiques de Tom Waits. Et pour corser le tout, elle s’exprime dans une tessiture si basse qu’on a parfois du mal à reconnaître sa voix d’un titre sur l’autre. Et c’est exactement là que la magie opère. Au moment précis où on lâche prise et où l’on se laisse porter par cette musique vaporeuse, spectrale, hyper-travaillée. Fawn, morceau d’introduction totalement instrumental, s’apparente d’ailleurs plus à une œuvre classique, cinématographique, presque un opéra divin.
La demoiselle n’a pas besoin d’accompagnement alors les invités, bien que prestigieux, se font discrets bien que fondamentaux. On ne se lasse pas des chœurs aériens de David Bowie, “ami commun”, sur deux des titres les plus époustouflants, Fallin’ Down et Fannin’ Street. Sitek lui-même, alors qu’il a la réputation de détester chanter, pose sa voix sur Who Are You ?
Belle aux Bois Dormants (cf. la pochette), Scarlett Johansson nous enchante en nous entourant d’un brouillard à la fois étrange et apaisant dans lequel on aimerait rester des heures.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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