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Sebastien Tellier : Sexuality
On a beaucoup plus parlé des frasques bon enfant de Sébastien Tellier que de ses disques. Il est frappé en quelque sorte par le syndrome Katerine. Mais quand le vendéen semble maîtriser ses débordements, il nous est toujours impossible de savoir si Tellier joue magnifiquement ses personnages ou s’il est finalement plongé dans son rôle au point d’être lui-même victime de sa folie. Néanmoins, ce monsieur adulé par la scène indé, quoi qu’il montre de lui, fut l’auteur d’une des plus belles chansons de ces 20 dernières années «La Ritournelle» dans l’album «Politics», et c’est avec une certaine joie que nous attendions de juger «Sexuality».
Qualifié de génie iconoclaste, complexe, en train de réinventer la chanson française, qu’en est’il vraiment ? « Roche » le premier titre, claque aux oreilles comme une production du pire Indochine des années 80, sourire en coin. Sur ses 2 premiers albums, Tellier feuilletait l’album photo de la famille et triait sur le second les bulletins de vote. Avec ce dernier : il veut s’attaquer au sexe en produisant un son qui accompagne une nuit d’amour. Vient pour le démontrer « Kilometer » où l’on retrouve le son synthétique qui confirme la marque de fabrique de la bande d’artistes, dont fait partie Sébastien Tellier (Air, Phoenix, Daft Punk).
Parfois contemplatif, parfois dragueur des dance-floor, il passe d’une cadence et d’une langue à l’autre (anglais, français ou italien) sa vie de romantique du XXIe siècle. « Divine » est une sorte de mix entre les Beach Boys et les Beatles, envoyée dans l’espace à coup de LSD.
Produit par Guy Man, moitié de Daft Punk, on sent bien que le chanteur et son producteur se sont compris sur un mode éléctro symphonique.
Certes, il y a une trop grosse abondance de soupirs sexuels, sur « Pomme » par exemple, à tel point qu’on imagine Prince réincarné dans Tellier pour un duo de Love Symboles. Mais en fait, tout passe. Les exagérations, les clins d’œil coquins d’érudits musicals ou de libertins littéraires. Tellier est un Jacques Rigaut, un dadaïste qui se sert dans la casserole du plaisir. Pour certains, cela pourrait sentir le brûlé, pour lui, c’est juste sa manière de dévorer les restes.
Pierre DERENSY
Pierre Derensy
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