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Shaka Ponk : The Geeks and the Jerking Socks
"L'album de la maturité" est un terme journalistique aussi réchauffé que le plat de lasagnes au goût de plastique vendu au rayon (pas si) frais (que ça), et que l'on peut avoir le malheur d'ingurgiter une fois dans sa vie.
C'est facile à utiliser, ça montre qu'on sait utiliser le jargon du milieu, et en général, on le dégaine pour le troisième album, le second étant souvent celui "de la confirmation".Mais comment oser parler d'album de la maturité pour ce nouveau Shaka Ponk, dont le titre fait référence au héros d'American Pie, Jim, surpris par ses parents en train de se caresser le salami dans une chaussette? Hasard du calendrier, Jim, Finch, Stifler et tous les héros déjantés de la saga seront de retour sur les écrans en avril 2012. Le groupe français reste un collectif de geeks, obsédé par une imagerie tellement développée qu'elle lui permet aujourd'hui d'être suivi par une forte communauté.Fin novembre, ils rempliront le Zenith. Une performance assez rare pour un groupe français, et une preuve qu'il existe bien un réseau alternatif aux médias de masse, comme l'a également prouvé Stupeflip.Musicalement, le groupe s'est un petit peu assagi sur les riffs de guitare. Le neo-metal est mort depuis le début des années 2000, qu'il repose en guerre. Cependant Shaka Ponk continue de puiser dans plein de registre, à tel point qu'on a parfois l'impression d'écouter une compilation. Tout cela part sur des chapeaux de roue de la fortune, avec des titres supra-efficaces comme Let's Bang et I'm Picky (dont le refrain est l'un des rares relents de neo-metal). Les paroles sur ces morceaux sont encore une fois clairement portées sur le sexe, et des lignes de chant sur les refrains font mouche automatiquement. Plutôt classe, de même que l'apport de la nouvelle chanteuse Samaha, à l'aise sur la catchy Brunette Localicious.Malheureusement pour Shaka Ponk, leurs coups de reins ne sont pas toujours donnés avec la même intensité. Ils semblent en effet avoir tout donné dès le début, puis ralenti un peu pour ne pas lâcher la sauce trop tôt et passer pour des éjaculateurs précoces. Du coup ils s'égarent en caresses buccales (Dancing Dead), et passent même en-dessous pour se reposer (My Name is Stain). A certains moments ils se sentent prêts à relancer la machine à foutre (Shiza Radio) aux accents très Skip The Use, autre petit groupe français qui cartonne), mais fausse alerte, ce n'est pas le sang qui afflue à nouveau dans l'engin, mais une folle envie de pisser. A force de vouloir multiplier les positions, Shaka Ponk perd de son efficacité orgasmique, mais sauve la face grâce à la conclusion, laissée au duo avec Bertrand Cantat. Une bonne petite éjaculation faciale, bien que le titre ne soit pas non plus un tube de lubrifiant instantané. Shaka Ponk fait indéniablement partie des meilleurs coups du rock français, mais gagnerait à se concentrer davantage. Après tout, 90% des femmes sont clitoridiennes, alors pourquoi s'acharner à bander?
Sébastien Delecroix
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