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Sinik : Le Toit du Monde ( Up Music )
Sinik n’a jamais fait l’unanimité. C’est un peu le problème en France quand on fait du chiffre. Mais le rappeur ne s’est jamais laissé démonter et a continué son petit bonhomme de chemin vers… le Toit du Monde, son 3° opus. Rien de prétentieux dans ce titre, bien au contraire. Thomas Idir (de son vrai nom) n’a que 27 ans et déjà 200 000 exemplaires vendus de La Main sur le Cœur, son 1° album et autant pour Sang-Froid, sa seconde galette. Quadruple disque d’or donc et pourtant, Sinik ne se repose pas sur ses lauriers et tente toujours d’aller au plus haut.
Prendre de la hauteur oui, changer de registre, non. Ceux qui ne supportent pas l’ego-trip, la sensibilité ou le flow de Sinik ne risquent pas de changer d’avis en écoutant Le Toit du Monde. Tant pis pour eux, tant mieux pour les fans qui, eux, vont pouvoir découvrir de nouveaux textes toujours plus personnels, des productions pointues même si très calibrées radio et un flow maîtrisé qui permet (et ca devient de plus en plus rare) de comprendre chaque syllabe de chaque lyrics !
Troisième album en trois ans, Le Toit du Monde n’a pourtant rien d’un album bâclé. Comme à son habitude, ce bourreau de travail a ciselé chacun de ses textes pour nous offrir des histoires qui sonnent toujours juste. La charge émotive est toujours là : Mes Pensées nous fait entrer dans le cerveau du MC sur une belle base de piano lancinant. Il ose se glisser dans la peau d’un mort sur De Tout Là-Haut. Incompris, encore avec une base de piano romantique, revient sur les douleurs internes du rappeur. Rue des Bergères permet au rappeur d’étaler ses souvenirs plus ou moins heureux sur des rythmes électro très efficaces. Une énorme mention spéciale pour Daryl, une version France-Afrique du Stan d’Eminem où Sinik correspond avec un fan de Libreville. Mais ces petits moments d’intimité ne doivent pas faire oublier la principale inspiration de Sinik : la Rue. Et la tension monte dés qu’il aborde ce milieu malsain qui fait partie de lui à travers des titres ultra-énergiques comme L'Essonne'Geless, Ni Racaille/ Ni Victime le morceau mis en scène comme un film d’action Représailles. Côté production, on flirte parfois avec le Dirty South, comme sur Dans Mon Club (un peu la version française du In da Club de 50 Cent) ou sur 1 Milliards d’Euros, morceau pro-capitaliste.
Heureusement pour nous, Sinik n’a jamais écouté ce qu’on disait au jeune collégien incompris : «Oublie le rap, c’est bien trop leg’ en rédaction.»
Lajoinie Adeline
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