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Slipknot : Slipknot (10th anniversary edition) ( Roadrunner )
Souvenez-vous, c'était en 1999. Les neufs tristes sires sortaient de leur Iowa natal pour répandre sur la planète les premières gerbes de leur terrifiant magma sonique.
Masqués de faciès hideux censés cristalliser ce que l'humanité sait engendrer de plus vil et de plus bas, Slipknot prêtaient leurs traits déformés au cauchemar de l'Amérique puritaine et décrétaient sur les ondes l'avènement d'un Halloween permanent. Et tandis que leurs parents crient à l'hérésie en se karcherisant à l'eau bénite, les kids, eux, évidemment, en redemandent. Pantomime du mal-être, les paroles hurlées par Corey Taylor (alors seulement connu sous le nom de #8) donnent corps au nihilisme d'une génération pré-11 septembre bien loin de se douter de ce qui allait lui tomber sur le coin de la gueule. La rage était alors encore un luxe petit bourgeois et non une catharsis nécessaire. Deux avions (et demi) plus tard, Slipknot est définitivement canonisé antichrist superstar et la morbide parade allait enfin prendre tout son sens.
Dix ans après, ce premier album coup de poing/pied/boule/massue/hache/tronçonneuse/Armageddon (ne pas rayer la mention inutile) a encore de beaux restes, preuve que même s'ils ont sué sang et eau sur les centaines de mètres de bandes magnétiques qui constituaient les sessions studio, le producteur Ross Robinson et le batteur Joey Jordison ont eu raison de la jouer tout analogique plutôt que succomber à la facilité informatique, offrant à Slipknot ce son intemporel, oppressant et claustrophobe, comme s'il avait été enregistré au fond d'une mine de charbon.
Cette réédition spéciale dixième anniversaire rend hommage comme il convient à ce monument du metal contemporain en le présentant sous sa forme originelle (réintégration dans le tracklisting de "Purity" – écarté à l'époque pour une sombre affaire de plagiat, déplacement de "Me Inside" – son remplaçant de l'époque – en piste 16, apparition au grand jour de "Eeyore", autrefois réduit au rôle ingrat de "ghost track"…), le tout accompagné de neufs bonus, remixes et démos déjà apparus en d'autres occasions (parmi lesquels la fameuse version "hyper overcafféinée" de "Spit it out" qui ferait passer l'originale pour une ballade diabétique façon Mariah Carey).
Michael Rochette
Michael Rochette
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