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Smooth : The Parade
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Smooth : The Parade

Nantais mais pas nanti, le trio de Smooth signe avec The Parade son troisième album. Leurs précédents essais leur ont permis de se faire une petite réputation, mais également d’aller déguster du bon café en tournant en Amérique du Sud, ou encore de collaborer avec Yann Tiersen.

Il y a plusieurs façons d’apprécier un album. Certains doivent s’écouter fort, pour ressentir toute la puissance du truc (les albums de Carla Bruni doivent également s’écouter fort, mais seulement pour distinguer ce qu’elle murmure). Certains doivent s’écouter selon une certaine atmosphère (météo, état d’esprit, lumière). Il y en a aussi qui ne doivent jamais être écoutés, mais on ne donnera pas de noms… Cet album de Smooth réalise le tour de force de convenir à des tonnes de situations. Les chansons electro-pop-soul-bidule qui le composent se font aussi bien apprécier le matin dans le métro malodorant d’effluves trop prononcées d’assistantes de direction tombées dans leur eau de toilette, que le soir, alors que le brouillard tombe et que vous titubez de trottoir en trottoir à la recherche d’une bouche de métro.

Regorgeant de petites pépites telles que « Friendly Yours » (présente deux fois, avec une version radio qui lui confère toute son efficacité) ou de la quasi hip-hop « Heart Bea(s)t », cette Parade se laisse suivre plus agréablement que celle de Disney ou la Gay Pride, puisque dénuée d’accoutrement ridicules ou de rythmiques boum-boum. Les américaines aiment le french kiss, le monde succombe à la french touch. Parce que le jeu à une touche de balle, on connaît (ou plutôt connaissait) bien ça à Nantes. Mélodique, efficace, Smooth vient souvent taquiner Air, en multipliant les envolées comme cet instrumental « Freedom is A Road », qui si vous l’écoutez au casque dans le noir, vous donnera l’impression de regarder de flotter dans l’espace. A ce détail près que vous pouvez encore respirer…

Empruntant à de nouveaux genres, Smooth parvient tout de même à conserver une certaine cohésion, sa patte restant identifiable malgré les différentes facettes explorées. Quelques invités viennent aussi pousser la chansonnette, comme Dominique A qui vient chanter dans la langue de Robbie Williams (ouh les références culturelles) sur « I Know », mais aussi Alain Chauvet, ou encore Amélie, artiste folk, qui réussit avec brio son apparition sur « Music ».
Regorgeant de détails sonores qui se découvrent et s’apprécient au fil des écoutes, The Parade est drapé dans un artwork aussi fin, concis, précis, efficace et ambiancé que peut l’être la musique distillée par un groupe qu’il va vite falloir apprécier dans nos contrées, avant que l’on vienne nous les piquer.

Sébastien Delecroix

Sébastien Delecroix


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 Artiste
 Smooth


 Chronique(s) Date publication
 Smooth : The Parade 19/05/2010



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