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Soulfly : Conquer ( Roadrunner )
Pas taper, pas taper ! Visiblement, ma chronique assassine (je préfèrerais le terme ‘objectif’ mais bon, on va encore dit que je rajoute de l’huile sur le feu donc je me tais) de l’album de Cavalera Conspiracy n’a pas laissé tout le monde indifférent. Alors non, je ne reviendrai pas sur mon jugement, mais disons que la sortie à peine trois mois plus tard de ‘Conquer’ permet de donner au débat une nouvelle perspective et surtout d’expliquer pas mal de choses.
En gros, pour schématiser, on va dire que ce petit coquin de Max Cavalera a gardé ses meilleures munitions pour cet album et n’a donc laissé que des miettes à Cavalera Conspiracy. Impossible de toutes façons d‘éviter la comparaison : en plus de deux musiciens en commun (le petit Maxou donc mais aussi le guitariste soliste Marc Rizzo), les deux groupes sont très proches en terme de style, le vrai-faux projet solo du premier chanteur de Sepultura ayant cessé depuis trois albums de chasser sur les terres désormais désertées du néo-metal pour effecteur un retour aux racines thrash-metal de son auteur. Alors oui, il y a bien sûr ces quelques touches ‘world-music’ chez Soufly, comme l’utilisation par exemple ici d’un didgeridoo sur le morceau « Touching The Void », mais bon, cela bastonne quand même sévère dans les deux cas.
Sauf que même si ici Mr Cavalera s’entête à rabâcher les mêmes thématiques simplistes (nous sommes tous une grande tribu, la Terre est en danger blah blah), il a eu l’intelligence de laisser ici son lieutenant Rizzo prendre un peu plus de place. Moralité : entre le mix nettement plus agressif et ‘metal’ signé par le très demandé Andy Sneap et des solos hystériques dignes des plus grands heures du thrash, ‘Conquer’ pallie sa redondance par une énergie qui ne relâche la pression qu’à la dernière minute, lors de l’obligatoire instrumental acoustique qui referme de façon rituelle chaque album de Soulfly.
Et encore, si vous êtes prêt à casser votre tirelire pour mettre la main sur la version limitée digipack, vous aurez droit à trois titres supplémentaires dans la gueule , dont deux reprises : le « Sailin’ On » des mythiques Bad Brains qui déjà faisaient culbuter ensemble hardcore et reggae et, plus étonnant, le premier hit de Marilyn ‘je fais peur’ Manson, « Beautiful People ». Soit soixante-dix minutes de musique quand même, sans parler de cette superbe pochette… Top rentabilité ! Mais de là à faire taire la petite voix dans notre tête qui nous murmure que tout cela ne vaudra jamais une reformation du Sepultura ‘canal historique’… Pas taper j’ai dit !
Olivier Badin
Olivier Badin
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