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TV on the radio : Return to Cookies mountain ( Beggar's )
A la sortie de « desperate youth, blood thirsty babes », premier album du groupe, tout le monde était tombé d'accord pour avouer que cet opus représentait ce qu'il s'était fait de plus créatif et jouissif depuis un bon moment, aussi bon pour les jambes que pour le cerveau. Voici donc le deuxième album tellement attendu des petits génies de TV on the radio. Et loin de jouer la redite, « Return to Cookies mountain » va encore plus loin dans le délire : incontournable donc pour tous les amateurs de rock dit « cérébral».
Ces dernières années, quels sont les groupes qui nous font explorer de nouvelles contrées ? Des sentiers musicaux où l'on peut se poser la question suivante : ais-je déjà entendue un truc pareil ? Il faut l'admettre, rares sont les successeurs de David Bowie, ces précurseurs qui ne confondent pas artisanat et Art. On peut malgré tout citer, Radiohead bien sûr, mais aussi Bjôrk ou Massive attack pour ne prendre que les trois plus évidents. Il faut désormais compter aussi avec TV on the radio.Evidemment avec ce deuxième album du quintette américain, nous ne sommes pas en présence d'un objet facile à aborder. Les sons sont parfois tranchants et n'enchantent pas forcément nos oreilles polluées par la saturation de douceurs marquetées. Malgré tout, la grande nouveauté de cette nouvelle livraison, c'est la présence de chansons nettement plus accessible que sur le premier opus et c'est finalement plutôt une bonne chose. Nous avons même droit à quelques invités en bonus : un David Bowie impérial et toujours dans les bons plans donnant de la voix sur l'excellent « Province » ou la voix de Kazu Makino (Blonde Redhead) sur « Hours ».Digeste, mais pas plus light quant à l'inventivité sonore du groupe. Ici, tous les instruments sont passés à la moulinette : la batterie se multiplie à l'infini, les guitares dérapent... On empile les expériences en laboratoire en couches, façon pâte feuilleté puis on triture les sons, on sample, on colle, bref on expérimente la moindre parcelle. Ca pourrait ressembler à un travail de l'Ircam, mais non car Tv on the radio n'a rien perdu de sa furie et encore moins de ce petit quelque chose en plus, peut être une certaine flamme qui rend le tout diablement excitant. Incontournable, donc.
Frédéric Fahy
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