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The Arcade fire : Funerals ( Pias )
Rarement traversée de l'Atlantique Nord aura été si éprouvante, parsemée de tellement d'embûches. L'odyssée, des côtes canadiennes où il a hissé les voiles jusqu'à notre bonne vieille Europe, aura pris pas loin d'un an à Funeral, premier album des excités de Fire Arcade
Dans leur port d'attache, à Montréal, Win Butter et ses quatre complices font l'unanimité depuis la sortie de ce que les magazines du cru considèrent alors comme un des meilleurs albums de la décennie. Mais voilà, entre la perfide Albion qui, sous l'impulsion du général NME boute les candidats à l'immigration Pop Rock hors des frontières, et notre bonne vielle France du Ricard et de la Star incapable d'acclamer autre chose qu'Hélène Segara, il aura fallu attendre un long moment.
Le miracle se produit en début d'année et l'objet de toutes les convoitises atterrit enfin sur nos platines. Les rédactions parisiennes s'affolent, les Inrocks ne dissimulent même plus leur érection. Mais qu'est ce qui se planque derrière ce phénomène quasi paranormal ?
Experts de la mélodie poignante, ces enfants de Bowie proposent des compositions qui allient poésie brechtienne et orchestration foutraque. Onirique, planant sans être lassant, Funeral possède ce petit quelque chose qui empêche votre cerveau de décrocher d'une écoute attentive. Win Butter et Régine Chassagne s'entrecroisent derrière le micro tandis que le reste du combo jouent aux chaises musicales derrières les instruments qu'ils maîtrisent tous. A la batterie, Tim le bassiste laissera sa place à Sarah la violoniste, et ainsi de suite dans une tourbillon d'émotions plaintives. A vous décrocher les tripes !
Les couches se superposent sans devenir pesantes, un piano cru martèle une mélodie veloutée.Inclassable, l'Arcade Fire est plus qu¿un joyeux bazar à 5 têtes. Déroulant la pelote de leurs compositions dans un univers gai mais peuplé de cris et de larmes, sublimé par la voix extasiée de Butter, les jeunes canailles pourraient bien grandir et devenir le pendant clair et brillant du Velvet sombre de la belle époque. J'y vais fort vous pensez ??? Avez vous expérimenté Funerals ?
Damien Morot
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