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The Cure : 4:13 Dream ( Universal )
Ça faisait quatre ans qu'on attendait le retour de Robert et ses copains. Et pour cause. Le treizième album des inventeurs du goth grand public (d'accord, ils n'aiment pas l'étiquette, mais ils l'ont bien cherchée), ça ne se loupe pas.
Là encore, Smith et cie l'ont bien cherché : sortir des singles tous les 13 du mois jusqu'à l'arrivée de l'album, c'est à peu près aussi subtil que si Marilyn Manson se tatouait 666 sur le front.
Et dans le fond, qu'attend-on de Cure en 2008 ? Pas grand-chose. Le groupe n'a plus rien à prouver. Des nuées d'apprentis corbeaux les citent parmi leurs influences musicales, des grotesques My Chemical Romance à Placebo. Dans les années 80, les Anglais ont écoulé des millions d'albums, rempli des stades et sa new wave arty et torturée a parlé aux ados dans le monde entier.
Alors, au final, lorsqu'on découvre 4:13 Dream, on ne ressent ni déception, ni réelle excitation d'ailleurs. On se surprend à fredonner "non, non, rien n'a changé" en écoutant du pur Cure inoxydable et sans surprise. Robert Smith a toujours la même grosse touffe et la couche de maquillage à l'épreuve des radiations nucléaires. Et il chante toujours avec ce ton plaintif qui tour à tour attendrit et provoque une furieuse envie de lui donner une bonne raison de geindre.
A bientôt 50 balais, ce grand romantique à fleur de peau parle toujours d'amour sous sa forme la plus naïve (The Only One) et de mal-être (partout) au point qu'on se demande s'il n'y met pas un soupçon d'ironie parfois. Le tout est naturellement noyé sous des couches épaisses de synthés et de guitare, d'arrangements lyriques ébouriffants et d'envolées flamboyantes à donner un orgasme multiple à Billy Corgan.
Pas de quoi télégraphier à sa maman, donc, surtout si elle n'a jamais aimé Cure. Mais les fans auront de quoi se repaître ici, avec ces treize (évidemment) morceaux de pure Curitude qui donnent souvent envie de se muer en goth-goth danseur façon Bébert Smith, envols de manches de chemise et secouage de touffe crêpée compris.
Isabelle Chelley
Isabelle Chelley
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