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The Cure : Bestival live 2011
Etrange, alors que le nombre de sorties d'albums en studio a tendance à diminuer chez les Cure, les CD en concert ont encore la cote chez Robert Smith. Et c'est tant mieux.
On imagine aisément que cela ne doit pas être facile tous les jours de bosser avec The Cure, surtout si on fait partie du service marketing de son label. Robert Smith n'en fait qu'à sa tête. Quand le garçon se trouve en studio pour enregistrer un album en 2004, le leader vaguement lunaire décide finalement de partir faire la tournée promo du disque, mais "oublie" de le sortir. Pour l'album suivant, c'est le contraire. L'album est bien au rendez-vous chez les disquaires, mais pas de concerts en vue. En 2011, continuant sa politique étrange, le groupe ne fera que quatre shows, reprenant dans la soirée l'intégralité des trois premiers albums (Three imaginary boy, Seventeen seconds, Faith) avec trois formations différentes et avec les faces B des singles en rappel. Évidemment, faut aimer Cure. Un DVD doit normalement sortir prochainement pour ceux que cela intéresse. Maintenant quand on dit qu'il n'y a eu que quatre concerts en 2011, c'est faux. The Cure a joué aussi au Bestival de l'île de Wight le 10 septembre dernier. C'est le seul concert "classique" de l'année. Du coup, on met les bouchés doubles et on sort le résultat en CD.Pour ceux qui ont vu les Cure en concert, il n'y a pas d'alternatives possibles: on se fait soit royalement chier à ces concerts définitivement trop longs (3h40 à Bercy en 2008), l'impasse systématique des singles, les solos de guitare qui n'en finissent plus, aucun effet de mise en scène et pas de bla-bla entre les titres qui enchaînent sévère... Un calvaire qu'on vous dit. Pour les fans, c'est évidemment autre chose, long orgasme assuré pour les spectateurs en pleine crise de la quarantaine.Du coup, on s'attend à tout avec ce Bestival live 2011, surtout que la pochette est particulièrement hideuse, genre vieux bootleg des années 80. Alors, grosse compilation de raretés jamais entenduesou album d'attrapage de nouveaux fans? C'est clairement vers la deuxième solution qu'il faut se tourner. En 32 titres (oui, quand même...), The Cure aligne tranquillement 22 singles en piochant dans toutes les périodes. On retrouve donc les indispensables Just like heaven, A forest et autres Close to me (avec les trompettes amusement remplacé par une chouette petite guitare) mais aussi des titres plus rarement joués en concert, bien que passé par la case 45 tours, tels The Caterpillar (très bonne version) ou The Lovecats. Côté set list, pas de directions particulières, mais juste le plaisir de donner un concert efficace et surtout ne pas avoir l'impression que l'on a un nouvel album à vendre. Ca tombe bien, il n'y en a pas. Pour les puristes, il y a aussi des petites choses comme ce final très classique: Boy don't cry, Jumping someone else's train, Grinding halt, 10:15 Saturday night et Killing an arab (enfin, Killing another…). Côté line up, le groupe est en formation minimum avec Robert Smith aux guitares (ne pas rater le look sur les photos…), l'increvable Simon Gallup à la basse, le plus tout nouveau Jason Cooper qui devrait battre le record de temps passé dans le groupe à la batterie et le retour de Roger o'Donnel au clavier. Mais est-ce, pour ce dernier, une bonne nouvelle? Côté disparition c'est cette fois-ci Porl Thompson qui passe à la trappe. Lui qui s'était fait tatouer de partout pour son retour au sein de la formation, c'est ballot.Côté son, c'est plutôt moyen et tendance brut de décoffrage. Mixé par Robert Smith himself à la maison, il nous conseille d'ailleurs de l'écouter très fort comme ça été joué lors du festival. OK, ce live n'apporte pas grand-chose à la discographie de The Cure mais cela est quand même la seule occasion de se faire une idée du son Cure en 2012. Et puis merde, c'est pour la bonne cause, les bénéfices allant directement dans la caisse de l'Isle of Wight youth trust.
Frédéric Fahy
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