|
The Cure : The Top ( Universal )
A l'occasion de ressortie de trois albums en version remasterisés avec un foule de bonus, retour sur l'album le plus psychédelique de The Cure : The top (1984)...
Cet album a un goût de liberté enfin (re)trouvée pour Robert Smith, la tête pensante de The Cure, après la série des trois 45 tours dont on pouvait imaginer être des commandes de Fiction et de Polydor (maisons de disque du groupe), des 45 tours qui donneront naissance à la compilation « Japanese whisper ».
Robert Smith semble enfin libre des démons de « Pornography », même si le morceau d'ouverture de « The top », « Shake dog shake » semble nous replonger deux années en arrière.Cet album semble être aussi la fin de la trilogie propre à Robert Smith (japanese whisper, the glove, the top), après celle « The Cure » (seventeen second, faith, pornography).
Car même si la pochette de l'album « The top » porte le nom du groupe, toutes les compositions, exceptions faites de trois titres, sont signées Robert Smith. Album de liberté, album de la mutation, mais surtout album de transition, entre le cure 79-82 et le cure raz-de-marée de la période « The head on the door ».
Robert Smith semble regarder en arrière tout en scrutant l'avenir. Album de psychanalyse : qui suis-je, qu'ai je fais, où vais-je ? Mais n'allez pas croire que Robert Smith se gavait de Sigmund Freud ou du philosophe Gaston Bachelard (l'on est en droit de se poser la question, tellement « the top » sort d'un cerveau digne d'un volcan en éruption, l'on n'est pas loin de la psychanalyse du feu).
Consommation de drogue et d'alcool était monnaie courante pour l'enregistrement de cette �uvre. Tel Charles Baudelaire et ses chroniques littéraire et artistique, Robert Smith semble dicter les chroniques sur son propre groupe et sur sa personnalité, par le biais des morceaux qui compose cet album. Robert Smith comme le poète en son temps, annoncerait-il le symbolisme de la musique rock ?
The top est un album qui peut sembler aléatoire, aléatoire dans le sens musical, tellement différentes pistes musicales sont tracées. Il faut le rappeler, cet album est une �uvre de liberté. S'il était un objet autre qu'une toupie, il serait un kaléidoscope. Sur ce disque, la pop y refait son apparition avec « the caterpillar », un son plus dur y est présent avec « give me it », l'esprit de la musique linéaire n'est pas loin « the top », le rythme est combatif «the empty wolrd ».
Robert Smith n'a jamais aussi bien chanté que sur cet album, il se met surtout réellement à chanter. L'intonation smithienne prend toute son ampleur sur « piggy in the mirror ». Un album dont l'héritage sort tout droit des albums des Pink Floyd versions Syd Barrett.
Si cet album n'est pas, pour beaucoup de personne, le meilleur album de Cure, il est au moins l'album qui possède toutes les facettes du groupe, il est l'essence même de Robert Smith. Il est un bijou qu'il faut découvrir ou redécouvrir en urgence.
Concernant le cd bonus de la réédition de l'album, il complerat tous les admirateurs du groupe. Une grande partie des demos de l'album y est présente, mais surtout des morceaux qui ne sont jamais sortis de façon officielle et des extraits concerts de la tournée « The top tour », qui prouvent que The Cure est un groupe de scène.
Comme les cd bonus précédent des premières rééditions du groupe, ce disque est une vraie mine d'or, un achat à faire sans le moindre remord.
Xavier Moretau
|