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The Dead Weather : Sea Of Cowards
The Dead Weather

The Dead Weather : Sea Of Cowards ( Warner Music )

Toujours aussi prolixe, Jack White invoque de nouveaux démons païens un an à peine après le succulent ''Horehound''. Au menu : gros riffs qui tachent et ambiance 70's.

L’année dernière, nous découvrions le ténébreux side project The Dead Weather, emmené par une paire de Raconteurs et, surtout, par le chaman Jack White et sa louve Alison Mosshart (The Kills). Servi par une production délicieusement vintage, ''Horehound'' s’inscrivait comme l’enfant terrible des Seeds, entre garage crasseux et rock psychédélique tourmenté.

Après une tournée marathon, le gang rempile et décoche avec ''Sea Of Cowards'' un imparable crochet du droit. ''Blue Blood Blues'' reprend une formule arithmétique bien connue du ténébreux songwriter et que l’on pourrait résumer par « une basse ultra saturée + une guitare bluesy + un chant suraigu à la Led Zep = massacre en règle ». Le climat est poisseux et la rythmique n’a jamais été aussi lourde, écrasante même, tout en nous collant à la peau. On se croirait dans les eaux de Louisiane au lendemain de la marée noire, une catastrophe (sur)naturelle qui vous happe par tous les moyens et dont l’emprise ne pourra être rompue.

Même schéma sur “Hustle And Cuss”, qui se démarque toutefois par la présence de ce crépusculaire orgue Hammond typique des seventies. Celui-ci est par ailleurs utilisé avec davantage de parcimonie qu’à l’époque de ''Horehound'', décuplant ainsi son efficacité sans pour autant rendre l’écoute fatigante sur la durée. Ici, le gang de Detroit semble donc avoir concentré ses efforts sur la frappe intensive, éloignant toute fioriture pour privilégier le coup de boule frontal, avec des amplis guitare dont le volume est poussé à 11 et des arrangements moins kaléidoscopiques.

La tracklist y est, elle aussi, mieux gérée, avec le positionnement stratégique de l’ovni “The Difference Between Us” et ses étranges bidouillages électroniques. Jack White montre ainsi un court instant son intérêt pour le krautrock (et Rage Against The Machine sur “I’m Mad” ?!), mais en dépit de ces expérimentations, il ne peut s’empêcher de revenir à ses racines, c'est-à-dire ce bon vieux rock’n’roll bluesy et marécageux qu’on lui connait.

Au final, s’il ne dispose pas de l’effet de surprise de son prédécesseur, ''Sea Of Cowards'' n’en reste pas moins foutrement jouissif et on ne pourra lui reprocher que sa trop courte durée, alors que certains schémas se prêtaient à de longues tirades instrumentales enfumées. À déguster en live, sans doute.

Mark Renton

Mark Renton


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 Artiste
 The Dead Weather


 Chronique(s) Date publication
 The Dead Weather : Sea Of Cowards 26/05/2010



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