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The Fratellis : Here we stand ( Universal )
A quoi tient la qualité d’un album ? Qu’est-ce qui fait de ce disque-ci un incontournable chef d’œuvre et son direct successeur un honnête effort ? Après plus de six décennies d’Histoire du rock, la question se pose encore aujourd’hui, avec la même candeur virginale, à propos du deuxième album des faux frangins de Glasgow.
Il faut dire que les Ecossais avaient frappé fort avec Costello Music. Derrière sa pochette furieusement 50’s ornée de pin-up lascives en porte-jarretelles, ce premier album alignait une impressionnante collection de tubes, résultant d’un savant mélange de garage et de britpop, le tout emballé avec un sens de la mélodie taillé dans un bloc brut de McCartney millésime 70. On pensait Libertines, Blur (période The Great Escape), Supergrass (dont ils ont même débauché le producteur)…
Avec ce Here We Stand, en revanche, on pense à… pas grand chose. Et c’est bien là tout le problème. Si Jon Fratelli sait encore écrire des chansons bien ficelées, rares désormais sont celles qui dépassent le stade d’inoubliables. Pis encore, même après plusieurs écoutes répétées, difficile d’en fredonner ne serait-ce qu’un seul extrait (ce qui est d’autant plus malheureux quand on sait que le « Whistle for the Choir » des même Fratellis avait détrôné un an auparavant « Let it be » du statut de « chanson que je sifflote spontanément sans réfléchir »).
Attention toutefois, les douze titres qui composent ce deuxième Fratellis ne sont pas du tout mauvais : l’entame de « My friend John » fait son petit effet avec son riff joliment tricoté, « A heady tale » adoube avec classe l’introduction du piano dans le processus de composition (on dirait du Supertramp – en bien), « Milk and Honey » introduit des structures inédites en crescendo tandis que des morceaux comme « Look out sunshine! » ou « Shameless » cachent mal leurs ambitions d’hymnes de stade en puissance. Chacune a son petit gimmick témoignant d’une réelle volonté d’évolution et d’innovation (dût-elle parfois retomber à plat, comme sur le dispensable « Babydoll »).
La seule chose qu’on puisse finalement reprocher à Here We Stand, c’est son prédécesseur, dont l’ombre un peu trop encombrante vient éclipser les qualités méritoires. Malgré tout, il mérite qu’on lui donne sa chance.
Michael Rochette
Michael Rochette
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