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The Gaslight anthem : The '59 sound
The Gaslight Anthem

The Gaslight anthem : The '59 sound ( SideOneDummy / Xoxo Records )

Pour leur second album en seulement deux ans et demi d’existence, les Gaslight Anthem ont frappé très fort en 2008 avec « The ’59 Sound », qui les a propulsés directement parmi les meilleures ventes en matière de rock indépendant aux Etats-Unis.

Ils se permettent un mélange des genres du plus bel effet, alliant la pop suave d’un Tom Waits à l’énergie dansante des Killers, avec qui la comparaison est évidente, de par le grain de voix du chanteur Brian Fallon, sublimé par la production impeccable et résolument rétrospective signée Ted Hutt, ancien guitariste des excellents punk celtiques de Flogging Molly. Le titre n’a pas été choisi par hasard, et en voulant donner un son si typé « ancien », le groupe fait défiler une collection automne/hiver de titres intemporels, à l’instar de « Old White Lincoln ». Avec des guitares très peu saturées et carrément rock’n’roll d’un temps que les moins de vingt ans n’ont pas pu connaître, The Gaslight Anthem se laisse bercer par la mélodie, et l’auditeur aussi !

D’une cohérence à toute épreuve, la galette ne semble être composée que de tubes, emprunts d’une certaine nostalgie (« Here’s looking at you, kid ») ou d’une fougue salvatrice (« High Lonesome »), au service de paroles faussement autobiographiques, Fallon empruntant autour de lui des histoires. Autant de morceaux de vie qu’il couche sur papier que Paris Hilton ne couche de partenaires dans sa literie. En résultent des textes assez sombres, voire dépressifs, sur la solitude, les amours déchus et autres réjouissances. On est loin du dernier Patrick Sébastien quoi…

Pourtant au milieu de toute cette noirceur transparaît une onde lumineuse synonyme d’espoir, et souvent apportée par la musique, comme sur la belle et langoureuse « Miles Davis & the Cool », où les lignes de chant semblent tomber en dépression et contrastent avec la mélodie très catchy, avant que voix et instruments ne s’accordent pour un final du plus bel effet et rempli d’optimisme, claquements de mains à l’appui !

Et comme s’ils ne s’en sortaient pas assez bien à eux seuls, les quatre petits gars du New Jersey se permettent d’inviter quelques pointures (ils doivent bien faire du 48) comme Dicky Barret du groupe de ska Mighty Mighty Bossetone, ou la grosse voix de Chris Wollard de Hot Water Music sur la fulgurante « The Patient Ferris Wheel ».

Résolument mélancolique et assurément énergique, The Gaslight Anthem se fendent d’un album qui s’il n’est pas figé dans le temps, risque bien de l’être sur les platines.

Sébastien Delecroix

Sébastien Delecroix


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 Artiste
 The Gaslight Anthem


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