|
The Heavy : Great Vengeance and Furious Fire ( Pias )
C’est de Bath (Angleterre) que déboule une des grosses sensations Rock Soul Hop de cette année 2007. Des guitares crades qui rappellent le meilleur de Led Zeppelin, une voix qui oscille entre Prince et Curtis Mayfield, des rythmiques puissantes au groove imparable qui n’hésitent pas à faire quelques incursions dans le hip hop, voilà la recette de The Heavy, quatuor de garçons au goût prononcé pour le son vintage, qui devrait rapidement avoir les cheveux dans le vent.
Dès The Kind Of Man, le ton est donné. Les chevaux sont lâchés. Un peu comme si la Motown et Stax se donnaient rendez vous sur un circuit automobile pour y affronter des rockeux élevés au blues et à la soul, pour un rallye à la Bullit, au volant de grosses cylindrées aux moteurs vrombissant de plaisir. Fondé par Swaby (d’origine indienne) et Taylor, dont la rencontre remonte à plus de dix ans, The Heavy, s’adjuge rapidement les services de Dingley (Batterie) et Page (Basse), et enchaîne les concerts créant la sensation lors de prestations brûlantes et possédées. Leur premier album Great Vengeance and Furious Fire, signé sur Counter, le sous label rock de Ninja Tune, possède tous les ingrédients pour devenir un de ces classiques qui ne vous lâche plus d’une semelle une fois posée sur la platine. Après avoir lancé Pop Levi, c’est donc une nouvelle fois vers un son profondément seventies que le label nous entraîne. Un opus qui fait preuve d’une exceptionnelle culture musicale digérée, au son résolument garage et crade, gorgé de guitares et de basses à la limite de la saturation, qui voit The Rolling Stones, Doing Fine, Who Needs The Sunshine, côtoyer Solomon Burke, Bruckpocket’s Lament, avec des zests de Screaming Jay Hawkins, le tout enrobé d’une production irréprochable, qui vous colle le tournis. The Heavy est une machine de guerre, qui aime vous passer sur le corps et vous terrasser à coups de titres en forme de futurs hits, collant à vos basques une bougeotte incontrôlable à vous faire rentrer en transe. Un album à la fraîcheur vintage qui vous met le diable au corps et vous envoie brûler aux enfers le sourire aux lèvres.
Roland Torres
Torres Roland
|