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The Killers : Day and Age ( Universal )
Ils avaient prévenu : le nouvel album serait (encore) plus dansant que ses deux prédécesseurs. Une chose est sûre, on ne mégote pas sur l’euphémisme chez les Killers.
Day and Age est effectivement très porté sur la chose binaire, la faute en grande partie à l’apport des claviers, plus omniprésents que jamais. Certes, les deux précédents opus étaient déjà bardés de nappes synthétiques, mais l’élément rock prévalait encore sur ces dernières dans les compos. Sur ce troisième effort, on renverse la tendance et on se débarrasse des dernières bribes de complexes – qui entravaient encore sensiblement Sam’s Town, l’album précédent, malgré quelques fulgurantes réussites de la trempe du single « Read my mind ». Résultat : les chansons de Day and Age sont plus exubérantes et libérées que jamais.
Cette façon de flirter avec les écueils sans jamais y tomber (la synth pop 80’s avec « Human », la ballade BonJovienne avec « Neon Tigers », le disco robotique de Giorgio Moroder sur « Joy Ride »…) rajoute un petit goût de risque pas dégueulasse aux compos déjà solides de Brandon Flowers. Ça fleure bon le plaisir coupable à tous les étages.
Loin d’être monolithiques, les ambiances sont elles aussi changeantes et l’on passe d’un « Spaceman » post-OMD à un « Goodnight, travel well » cryptique pour s’échouer en dernière plage sur un « Cripping blow » enjoué qui dissimule mal ses emprunts aux Beatles. Débauché sur la foi de ses remixes de « Mr Brightside » ou « When you were young », l’Anglais Stuart Price – aka Jacques Lu Cont des Rythmes Digitales – emballe délicatement cette réussite dans un joli paquet synthétique. Si la musique des Killers avait une orientation sexuelle, Day and Age serait un coming out !
Michael Rochette
Michael Rochette
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