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The Kills : Midnight boom ( Pias )
Il y a quelque chose de magique dans la formule du duo garage : on se demande toujours comment ils font pour produire ce boucan et cette énergie à deux. Et dans le cas des Kills, s'y ajoute une tension sexuelle, mais pas que, assez irrésistible.
Inévitables ces jours-ci tant dans les pages people (la moitié masculine du binôme, Jamie Hince alias Hotel fricote avec Kate Moss) qu'à la rubrique musique pour la sortie de leur troisième album, les Kills font partie de ces groupes qui, s'ils n'ont pas ressucité le rock'n'roll même pas mort de toute façon, ont contribué à le faire revenir au premier plan. Et en beauté en prime.
Leur recette est d'une simplicité déroutante. Prenez une voix féminine, celle de VV, travaillée à la cigarette et à l'alcool, blasée, électrisante, le genre qui transforme en petite flaque n'importe quel mâle. Ajoutez-y une guitare minimaliste et une boîte à rythmes un brin pourrie. Saupoudrez d'effets sonores cheap. Faites-leur interpréter des chansons brèves, caféinées, simples à la limite du simpliste, sexy avec un vague parfum de décadence sur les bords. Imprégnez le tout d'une atmosphère poisseuse comme le sol d'un vieux club de rock où des dizaines de bières se sont renversées. Savourez le tout brûlant, pendant une nuit d'insomnie.
De l'incandescent "U.R.A. Fever" où VV et Hotel se répondent sur fond de boucan de synthèse crado au mélancolique et Velvetien "Goodnight Bad Morning", "Midnight Boom" est à classer dans la catégorie des purs plaisirs rock'n'roll bruts de décoffrage qui redonneraient presque foi en l'humanité.
Isabelle Chelley
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