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The Pack A.D. : Unpersons
Après des années passées à se pâmer pour les trios – formation magique de l'avis de tout rock critique éclairé – la donne a été modifiée à l'aube des années 2000, avec l'arrivée des White Stripes...
Le duo, c'est simple : deux forces se donnent à 200% pour faire du bruit et occuper l'espace. Ça passe ou ça casse, aussi bien côté scène que public, impossible de se planquer derrière la poudre aux yeux d'un collectif, de feignasser en secouant un tambourinant ou en jouant de la guitare sans les mains.?Le duo version années 00 est nerveux et garageux, glamour et abrasif, souvent masculin-féminin pour pimenter les compositions de la dose de tension sexuelle nécessaire à créer la moiteur du fan. The Pack a.d. modifie un peu la donne. Ces deux filles de Vancouver misent sur l'insolence, l'humour et l'énergie brute de décoffrage pour empoigner l'auditeur par le col et lui pilonner les tympans à coups de morceaux brefs et jubilatoires. La séduction, ce n'est pas leur rayon, ou alors à la hussarde. Et leur quatrième album tombe à pic pour soulager les fans des White Stripes, restés inconsolables par la retraite de Meg et les collaborations douteuses de Jack.Faites le test. Déposez Unpersons sur la platine. Dix minutes plus tard, il y aura forcément un pote pour demander s'il s'agit d'un inédit du défunt duo de Detroit, la faute à la combinaison guitare emballée-batterie binaire-voix de chat écorché-compositions catchy en diable. Dans le même registre simple, irrésistible et bêtement jouissif, on peut aussi trouver une filiation entre les deux pestes et les Black Keys. Et lorsqu'elles ralentissent le tempo, on découvre une autre facette de The Pack a.d., entre paroles à fleur de peau, atmosphères lourdes et chargées d'angoisse bluesy. Produit par Jim Diamond, ex-membre des Dirtbombs et figure de Detroit, qui a fricoté en studio avec les trois-quarts du rock indé (des Lost Kids aux Fleshtones, d'Electric 6 au Legendary Tigerman), Unpersons pourrait bien propulser le duo hors du garage pour l'envoyer faire joujou dans la cour des grandes.En attendant, il va nous accompagner du matin pour s'arracher à la couette au soir pour boire des coups entre amis. Et servira à rééduquer le goût de toute personne qui prononcera dans la même phrase les mots de "rock'n'roll" associés à "BB Brunes".
Isabelle Chelley
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