|
The Prodigy : Invaders Must Die ( Pias )
Les militants d'extrême-droite ont dû se précipiter sur le nouvel opus de Prodigy à la lecture du titre." Invaders Must Die, mais ouais! Je vais mettre ça à fond dans ma caisse et me mater American History X ce soir!". Ce titre provocateur est en accord total avec ce qu'est le groupe anglais depuis des années. Reste à savoir si le contenu est également capable de nous choquer!
On le sait, Prodigy aime créer la polémique. Entre des chansons qui font l'apologie des drogues ou le clip de "Smack My Bitch Up" qui aurait donné envie à Benoït XVI de s'enfoncer les poings au fond de la gorge pour se vider de ses tripes, les anglais ne sont pas connus pour faire dans la dentelle. Après la déception de "Always Outnumbered, Never Outgunned", Liam, le cerveau de la bande et ses deux élecpochetrons libres Keith et Maxim sont revenus à des sonorités décadentes, crades. Ca transpire les années 90, les faubourgs anglais. On imagine les basses vrombissantes du tube "Omen" défoncer les caissons de voitures de personnage d'Irvine Welsh ou les supporters de West Ham envoyer valdinguer leurs canettes au rythme de "Colours" .
Le terme electropunk illustre à nouveau parfaitement la musique du combo, en grande forme. "Warrior's Code" est une tube en puissance qui devrait faire s'agiter bien des danseurs en club, et "Take Me To The Hospital" une tuerie épileptique qui sent bon la montée d'acide. On a l'impression d'avoir plongé ses narines dans un mouchoir imbibé d'éther rien qu'à l'écoute de titres euphorisants, et en plus cohérents. 11 chansons, bien disposées, comme le prouve "Omen Reprise", qui se fait l'écho du titre du même nom.
Encore mieux, si le groupe semble avoir renoué avec sa fougue d'antan, il parvient même à nous pondre des innovations de saison. Ainsi le dernier morceau, "Stand Up", est complètement à part, non seulement sur l'album, mais dans la discographie du groupe! Presque aérien, calme, Prodigy vient avec talent marcher sur les plate-bandes de groupes comme Massive Attack. Les cuivres sont de sortie, et bizarrement, ce dernier virage un peu plus "joyeux" fait du bien par où il passe après la déferlante cyber-electro-dancoîde frénétique qui a mis à mal les tympans de l'auditeur.
Parce qu'avec le chant raggae super bien placé de "Thunder" ou la survoltée "Piranha", les voisins auront déjà eu plusieurs prétextes pour crier au tapage! Il y aura même eu un duel de percussions sur l'excellente et très rock "Run With The Wolves", sur laquelle un certain Dave Grohl (monsieur Foo Fighters et batteur de Nirvana, rien que ça) vient montrer qu'il n'a pas perdu la main. Aucune des deux d'ailleurs. La course-poursuite entre les rythmes électroniques et sa batterie est bien plus passionnante que l'intégralité des volets de la saga Fast & Furious!
Invaders Must Die ou le retour survitaminé de Prodigy. Toujours pas calmé, sans doute plus camés qu'Amy Winehouse, les anglais sont de ces envahisseurs que l'on aime accueillir sur notre platine. Et on ne souhaite en aucun cas les en déloger.
Seb-O-Matic
Sébastien Delecroix
|