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The Raconteurs : Broken boy soldiers ( Beggar's )
Vous êtes fan du duo les White Stripes ? Cela tombe bien, son chanteur Jack White sort un album enregistré avec ses potes sous le nom des Raconteurs. Résultat, un « Broken boy soldier » particulièrement jouissif et inspiré...
Notre ami Jack White serait-il à l'étroit avec les White Strippes ? c'est ce que l'on peut se poser comme question en écoutant « Broken boy soldier ». Il est vrai qu'avec sa formule en duo, il a peut-être été jusqu'au bout. On se rappelle qu'avec le dernier opus en date, « Get Behind Me Satan », on sentait aussi venant de sa part une volonté farouche de s'émanciper en sortant du concept guitare-batterie.Pour créer son nouveau groupe, Jack n'est pas allé chercher des haricots magiques. Il a eu juste à demander à ses potes. Mais quels potes... Rien que pour sa collaboration avec Brendam Benson, compositeur obsédé par la pop et particulièrement doué, The raconteurs se devait d'exister. Nous sommes aussi en compagnie de gens qui connaissent le rock, la pop et le blues des cinquante dernières années en parfaits érudits, mais qui jouent de façon assez vicieuse avec leurs codes. On peut se la jouer amateur éclairé et détendu de la guitare. Qu'on se le dise.L'album commence par une bombe : « Steady as she goes » qui aurait pu sortir d'une session des White Stripes. Nerveux, précis, on reconnaît tout de suite le style de batterie qu'aime Jack White, c'est-à-dire avec la force et la précision d'un métronome en plomb. Vient alors une collection de perles dans le pur style Mr White : des rifs de blues passé à la guitare Led Zep, la section rythmique qui vous fait vibrer les jambes et bien sûr sa façon si particulière de chanter. Alors The raconteurs, c'est The White Stripes avec une basse ? ou alors un groupe fantôme qui répond au doigt et à l'oeil aux moindres obsessions du maestro ?Rien de tout cela. Car la seconde partie de l'album devient tout à coup plus lente. Attention, on a dit lente, pas chiante. Les chansons se font plus folk, la guitare sèche remplace l'électricité. Et là on se dit que Brendam Benson ne fait pas que de la figuration, la pop de ce dernier commençant sérieusement à montrer son nez. Il faudra alors attendre le dernier morceau complètement blues avec un jack White qui semble n'avoir jamais aussi bien chanté pour retrouver les obsessions de l'ex White Stripes.Résultat, « Broken boy soldier » s'avère être à la fois une sacrée collection de chansons jouissives et une rencontre entre des musiciens qui joue du rock comme on l'aime et sans se la raconter, c'est direct et sans complexes. Merci les gars, on sent que vous avez pris du plaisir, ça tombe bien car nous aussi.
Frédéric Fahy
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