|
The Subways : Money And Celebrity
"Argent et Célébrité", ça ferait un bon titre d'émission de télé-réalité. Les candidats se succédant dans ces grands moments de néant audiovisuel n'aspirant à rien d'autre que vivre le fameux quart d'heure de gloire que Warhol avait anticipé, et se montrant même prêts à se faire utiliser comme de vulgaires mouchoirs par la machine médiatique. C'est le XXIème siècle, merci Loana, merci la piscine!
Alors avec ce titre, on s'attend à ce que l'album des Subways soit un pamphlet dithyrambique contre une société de consommation de l'individu sans pudeur ni morale. Epic fail. Depuis leurs deux premiers albums, on avait remarqué la légèreté de la plume du trio britannique, et comme on dit si bien et à tout va: jamais deux sans trois. La prose ne va quand même pas jusqu'à être l'équivalent britannique de Superbus, mais les thèmes et paroles restent d'une simplicité que l'on peut qualifier de candide. On flirte même avec Zaz à la lecture de titres comme We don't need money to have a good time -quelque chose qu'il faudrait préciser à DSK d'ailleurs. Non, tout dans l'album fait bon dans l'insouciance, à commencer par l'aspect musical, power pop à fond les ballons, et que l'on pourrait rapprocher des irlandais de Ash ou des maîtres du genre Weezer.Les grosses guitares et amplifications à outrance de l'album précédent, All For Nothing, semblent bien avoir été délaissées pour quelque chose au rendu plus direct, efficace et dansant, à l'instar de Like I Love You. Le groupe n'oublie toutefois pas de suivre l'adage qu'Aimé Jacquet a prodigué à Robert Pires, et n'hésite pas à "muscler son jeu", comme sur Rumour. Les voix de Charlotte et Billy alternent et se complètent, pour conférer encore plus de bonne humeur à l'ensemble, et pas mal de titres risquent de sacrément faire tourner les rotules en concert (le refrain de Kiss Kiss Bang Bang en tête), The Subways prenant sur scène une dimension bien plus dantesque que sur disque. Le premier single, It's A Party, a un titre assez évocateur du contenu, tandis que Celebrity ne manque pas de toupet, se permettant de sonner exactement comme le fameux Banquet de Bloc Party. Peut-être se sont-ils dit que cela ne se verrait pas, que "plus c'est gros, mieux ça passe". Les partenaires de film de Rocco Siffredi seraient susceptibles de nier ce dicton... En attendant la vérification scientifique de la chose, on pourra enclencher la bonne humeur en pressant "play" à chaque écoute de ce disque, qui passe tout seul dans les conduits auditifs. Pas besoin de lubrification.
Sébastien Delecroix
|