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The Verve : Forth ( EMI )
Si The Verve est considéré comme un groupe mineur sous nos latitudes, connus par la plupart de nos compatriotes pour être les auteurs d’un « Bittersweet Symphony » dont on nous aura rabattu les oreilles jusqu’à la nausée, il en va différemment de l’autre côté de la Manche, où la bande à Richard Ashcroft tenait peinard la dragée haute à la fratrie Gallagher ou au clan Albarn aux heures les plus glorieuses de la folie britpop (mi-90’s).
Or en France, à part le très honnête Urban Hymns (dont était justement extraite la scie susmentionnée), l’accueil fut poliment frileux. Même son de cloche pour les trois sorties d’Ashcroft en solo alors qu’elle finirent toutes bardées d’or et de platine sur leurs terres natales.Bref, si le quatuor s’est récemment reformé après onze ans de brouille (faut dire qu’en matière de tête de con, un Richard Ashcroft vaut bien un Noel Gallagher), ce n’est certainement pas pour affoler le top 50 hexagonal.
Encore que le premier single, « Love is noise », a largement de quoi convaincre les radios aromatisées rock qui jalonnent notre bande FM avec ses plans guitare à la U2, sa rythmique disco-club et sa voix noyée de réverb’. Un son assez inédit chez la bande de Manchester (à part pour la réverb’, omniprésente) qui fait son petit effet de surprise. Malheureusement (du moins pour ceux qui ont acheté l’album sur la foi du single), le reste du disque revient à ce qu’on connaissait de The Verve : des ballades catatoniques où les plaintes lascives du chanteur se répandent lentement sur des mélodies amples et hypnotiques, recréant ces ambiances si caractéristiques au groupe.
Forth reprend donc l’histoire de The Verve là où ils l’avaient laissée une décennie plus tôt, pour le plus grand bonheur de leurs fans – et éventuellement des nouveaux qui, rabattus par « Love is noise », pourraient bien découvrir un univers qu’ils ne soupçonnent pas encore.
Michael Rochette
Michael Rochette
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