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The XX : XX ( Beggar's )
Attention, micro-phénomène hype en vue avec le premier album des londoniens de The XX. Les deux chromosomes de même type ne donnent décidément que du bon : les femmes (hop, minute démagogique observée), et ici des chansons aussi douces que le battement d'aile d'un papillon.
Mais avec ces jeunes anglais, la somme de tous ces battements d'ailes de papillons donne tout le contraire d'une catastrophe naturelle. Non, toutes ces chansons cohabitent dans une biosphère musicale en équilibre. Du titre d'ouverture au nom tellement original (« Intro »), faisant office de racine, aux étoiles (« Stars ») de la petite dernière, The XX a préparé un joli chemin à travers bois pour l'auditeur. Organique, leur musique se fait également aérienne, grâce à des arrangements simples, mais efficaces. Juste ce qu'il faut. C'est dosé comme un bon whisky : pas plus haut que le verre.
Les petites ritournelles mélodiques sont sacrément efficaces, comme l'intro quasi-enfantine de « VCR », un morceau avec plus de fraîcheur qu'une pub Narta. Et pour sublimer la musique du groupe, les voix traînantes de Romy et Oliver viennent se poser, sans forcer, aussi subtilement qu'une libellule sur un nénuphare. Typiquement londonienne, la voix du monsieur (Oliver, Romy est un prénom féminin), susurre, trimballe son anglais sans tout le temps prendre le temps d'articuler, mais l'apport du chant de sa complice vient transcender l'ensemble, et rend le contraste encore plus intéressant quand les deux chantent en même temps, mais également quand le dialogue est instauré. Petit exemple avec la très bonne « Islands », puisque les couplets répondent au second scénario, et donnent du coup un rythme très prenant, avant que les deux voix ne se rejoignent sur le refrain.
Les guitares sont également restées naturelles. Dépourvues de distorsion ou artifices trop grossiers pour la musique de The XX, elles déclinent leurs riffs tranquillement, posément, à l'instar de « Heart Skipped A Beat » ou de l'excellente « Crystalised », dont l'intro pourrait même faire penser à ces bons vieux Cure. Tout paraît simple, naturel et enfantin. Et ça l'est. La preuve : le clavier utilisé est un Casio pour enfant acheté sur Ebay pour... 2 euros. De quoi calmer Radiohead !
Parmi ces 11 titres d'une cohésion à toute épreuve, The XX ne reste pas cantonné à un style, mais emprunte à plusieurs pour tracer son petit bout de chemin en toute quiétude. Et ils risquent d'aller loin.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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