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Uffie : Sex Dreams and Denim Jeans ( Because music )
Difficile de faire plus trendy qu’Uffie ! Celle que certains ont appelé « l’égérie 2.0 » balade son buzz électro-pop depuis quelques années. Pourtant, son premier album ne sort que maintenant. Blindé de jolies trouvailles, il confirme que la demoiselle n’est pas qu’un phénomène de mode.
Elle possède une candeur désenchantée dans la voix. Un timbre post-adolescent et un flow qui hésite entre le phrasé, le chanté et le rappé. Elle est américaine, a choisit la France comme terre musicale d’adoption mais assène en anglais sa vision assez désabusé de la société et de la jeunesse d’aujourd’hui. Elle est une star du web, dont le look est suivi par toute une frange de ses fans féminines mais elle est finalement assez discrète sur sa vie et l’on en sait assez peu sur elle, en vérité. Anna-Catherine Hartley, alias Uffie, n’est pas à un paradoxe prés.
Et son tout premier album, repoussé et donc attendu depuis des années, à l’image de ceux des superstars américaines, est à son image : pétillant mais noir, génialement judicieux, en plein dans l’air du temps et tout ce qu’il y a de plus hétéroclite !
Si les médias l’ont très vite cataloguée comme une baby doll 2.0, la jeune artiste de 22 ans n’a absolument rien d’une poupée Barbie. Débarquée à 16 ans à Paris, l’américaine adolescente née en Floride, qui a vécu à Hong Kong jusqu’en 2004, n’a pas le temps de se consacrer à ses études de stylisme dans la prestigieuse Ecole Internationale de Paris. Parce que, très vite, ses virées nocturnes l’amène vers un autre monde, celui de la musique. C’est par le biais de DJ Feadz, qui deviendra son inséparable acolyte qu’elle découvre son amour pour le chant. Lui pose immédiatement ce voile de voix entre l’enfance et l’âge adulte sur ses compositions electro-pop. Sur le net, leurs titres font un tabac et, intégrés immédiatement au sein de l’écurie Ed Banger, le duo (couple ?) devient incontournable.
Mais depuis quatre ans, tous les aficionados de la chanteuse - qui pose souvent en live et un peu déjantée sur les mixs de son ami, attendent le premier opus qui confirmera tout son talent. Des apparitions sur les albums de Justice ou les compilations Ed Banger, plein. Mais d’album point. Alors, quand arrive enfin, Sex, Dreams & Denim Jeans, on se penche forcément dessus avec d’autant plus d’attention. Impossible à décortiquer à la 1ère écoute, ce disque est d’une rare richesse. Produits par Mr Oizo, Feadz, bien sûr mais aussi Mirwais, SebastiAn, chacun des 14 titres vogue vers un univers différent bien que l’ensemble soit d’une belle cohérence.
Pop The Glock, le single qui l’a lancé, reste un classique du genre avec son vocodeur syncopé. Mais il y a beaucoup plus. Son ADD SUV avec Pharell Williams est à la fois un tube dansant génialement réalisé et une critique fine de la vacuité de notre société de consommation. Art of Uff est un malicieux auto-portrait critique où l’on sent l’influence de rappeuses comme Missy Elliot. First Love a un côté Virgin Suicides sur des sonorités slow des 90’s. Alors qu’Our Song est doucement soul et que Neu Neu semble avoir emprunté sa ligne de saxo aux génériques de vieilles séries US. On ne s’ennuie pas une seconde, ici. Mieux, on découvre de nouvelles choses à chaque écoute. La caractéristique d’un excellent album, non ?
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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