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Ultra-Vomit : Objectif : Thunes
Les auditeurs de Rires & Chansons, Carlos, Sim et Jean-Marie Bigard (ah bon, il n’est pas mort ?!) peuvent reposer en paix : la relève est assurée. Et attention les yeux, elle s’appelle Ultra-Vomit. Oui, c’est clair, un nom pareil cela vous pose votre homme d’entrée. Et effectivement Objectif :Thunes (notez la finesse extrême du titre) c’est du lourd, du très lourd même. Parce qu’attention, ce petit garnement a décidé de se lancer les yeux bandés et juché sur des patins à roulettes sur cette bande glissante nommée disque parodique. Vous rêviez d’une version poilue et forte en distorsion des Fatal Picards et d’Anaïs ?! Ultra-Vomit l’a fait.
Alors d’accord, cette attaque en piquet sur nos amis sentant bon la bière et les dessous de bras les métalleux est loin d’être la première, la plus belle salve à ce jour restant quand même le vrai-faux documentaire Spinal Tap sorti en 1982 (les nabots qui ne l’ont pas encore vu peuvent sortir tout de suite, merci). Et puis entre les poses machistes, les paroles rarement très philosophiques et l’attitude ‘ah que je suis méchant beuuuaaargh !’, il faut avouer que le genre donne le bâton, pardon le Baobab, pour se faire battre le sourire aux lèvres. Sauf que ce qui différencie Objectif : Thunes des autres tentatives de déstabilisation est qu’il sévit de l’intérieur. Car les trois musiciens d’Ultra-Vomit sont de véritables porteurs de vestes à patches à cheveux longs. Des thrashers 100% authentiques comme le dirait Jean-Pierre Pernaud (ah bon, il n’est pas mort non plus ?!) doublés de véritables musiciens (incroyable mais vrai). Donc non seulement ils aiment ça mais en plus, ils en jouent bien, s’amusant tout le long de ces vingt-quatre titres au petit jeu du zapping, parodiant un bon nombre des sous-familles (et il y en a !) de la grande famille metal. Hélas, c’est là que réside le principal intérêt et défaut de ce glaviot disgracieux : l’initié seul saura comprendre toutes les ‘subtilités’ (ahem) de ces titres/sketches alors que le touriste de passager n’y verra sûrement hélas qu’un groupe de metal pas plus pathétique que les autres (oui, je sais c’est ironique).
Bon, peut-être que le mot ‘subtilité’, très bisounours, ne convient pas très bien à un disque qui ose par exemple un titre à la gloire des petits pains aux chocolats (« Boulangerie Patisserie »), un glaviot black-metal vantant non pas le mérite du grand méchant Satan mais des plats de frites à la cantine (« Maïté Ravendark ») ou un pastiche du groupe de death-metal Cannibal Corpse avec un… bull-terrier en guise de chanteur (« Canidal Corpse »). Oui, c’est très con mais très drôle. Et encore, vous n’avez pas encore entendu le morceau final « Je Collectionne Des Canards (Vivants). Oui, les parenthèses sont très importantes.
Alors, simple sketch musical ou disque à part entière ? Jambon-beurre ou pâté ? Slip ou caleçon ?! Et ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?! Ultra-Vomit, c’est con, c’est prout, c’est débile et c’est pour ça que c’est bon. Voilà, point. Alors, pour ceux qui sont restés jusqu’au bout, tapez tous les mains et reprenez donc avec moi ce refrain éternel : « Croûte de pus, prout de cul, j’ai mangé des croûtes de cul ».
Olivier Badin
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