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Vampire Weekend : Contra ( Beggar's )
Si vous avez aimez le premier, vous aimerez le deuxième. Voilà. Quoi ? Il faut faire plus long ? Ah…
Vampire Weekend est LE groupe symptomatique absolu de la fin des années 00, cette honnie décennie où le commun du public a définitivement perdu le goût de l'agression et de l'audace dans une sinistre pantomime darwiniste qui voudrait qu'un organe n'ayant plus aucune utilité pour l'espèce finisse par disparaître de lui-même (ici : le tympan). Garanti sans cahot ni secousse, l'indie-rock airbag des New-Yorkais tombe à point nommé dans ce nouveau paysage musical emballé de papier bulle où la mollesse et la tiédeur ont été érigées en vertus absolue sur un piédestal capitonné. Ainsi, soutenus par un chœur unanime de rock critics transis, Vampire Weekend s'écoute redéfinir une énième fois le rock dans une révolution laineuse et ouatée qui aura raison de cette notion capitale de danger ; et le Diable – autrefois dépositaire de ces psaumes électriques et impurs – qui capitule, définitivement terrassé aux pieds de l'agneau. Pleased to meet you.
Mais ne jetons pas la pierre à Vampire Weekend qui, comme énoncé ci-dessus, n'est finalement qu'un symptôme de cette époque timorée où il est mal vu de jouer une note plus haut que l'autre. En ceci, le quatuor excelle, et son deuxième album pousse un peu plus loin encore son rock métissé avec des vrais morceaux de musique africaine dedans ; cet "Upper West Side Soweto" dont ils se font à la fois les géniteurs et les uniques représentants (en attendant une horde de suiveurs qui ne devrait plus tarder maintenant). Et si le premier album en était le manifeste, ce Contra en est la première mutation.
Pas de révolution bouleversante sous le soleil des vampires, donc (c'est en ça que ceux qui ont aimé le premier album ne pourront qu'aimer son successeur – surtout que quand on veut, on peut), mais des petites touches qui viennent enrichir de-ci de-là les nouvelles compos pour leur donner des personnalités encore plus marquées. Des chœurs ici ("Horchata"), un staccato pseudo-ska ("Holiday") ou une rythmique reggaeton par là ("Run"), des clavecins ("Taxi Cab"), des synthés 8 bits, de la guitare acoustique ("I think Ur a Contra") et même de l'auto-tune (ce vocodeur moderne dont le R&B américain est actuellement si friand). Sans parler d'un "Diplomat's Son" qui détonne avec ses six minutes et ses divers "mouvements" flirtant avec le prog.
Et outre cette production volontairement vintage qui vous renvoie directement au Paul Simon circa 1986 de l'album Graceland (si si, réécoutez "You can call me Al" pour voir), Contra remplit tous ses objectifs de second album du groupe le plus attendu de l'année.
Michael Rochette
Michael Rochette
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