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Vincent Delerm : Quinze chansons ( Tôt ou Tard )
Cheveux blanchis et en bataille, barbe de cinq jours, visage de profil légèrement penché et regard par-dessus l’épaule ironique et/ou rêveur : Vincent Delerm est de retour avec le justement nommé « Quinze chansons ».
Enregistré dans cinq studios différents en France et en Suède, le quatrième album studio du Rouennais fait la part belle aux cordes, avec l’éternel fidèle Peter Von Poehl et la participation discrète de JP Nataf, les chœurs de Virginie Aussiètre et, surprise ceux d’Alain Souchon l’inspirateur, sur « Un temps pour tout ». Le trentenaire icône bobo a aussi fait appel au multi-instrumentaliste arrangeur Albin de La Simone, déjà acolyte sur « Les Piqures d’araignées ».
Toujours fidèle au name-dropping qui, au choix, agacera ses détracteurs ou fera à coup sûr jubiler ses inconditionnels, Delerm invite les images du photographe « Martin Parr » par touche dans une de ses trois chansons (très) courtes, posant un univers en à peine une minute dans « From a room » évocation à peine chantée d’un cliché de Leonard Cohen. Toujours drôle, il s’amuse finement des clichés du « coeur des volleyeuses qui bat plus fort pour les volleyeurs » et des évidences que sa plume roublarde sait seule associer du « caniche nain en rut » au « quinze chapitres pourris dans un marc lévy ».
A 32 ans passés, Delerm est toujours aussi doué pour raconter les « tout début d’une histoire », « plus beau qu’un urinoir de Marcel Duchamp » (« Je pense à toi ») au détour des rues de Paris « sacs bananes au Sacré Cœur, dix mille caméscopes en chaleur » et le ressac des sentiments en pointillés d’« allan et louise » pour une fois perdus dans la grande Histoire. Distingué et charmeur, il pose ses phrases sur des mélodies aux accents cinématographiques et continue à nous jouer le film de ses émotions, encore une fois avec délectation.
Marie-Pierre Galinon
Marie-Pierre Galinon
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