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Weezer : Hurley
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Weezer : Hurley

On la craignait, cette huitième saison de Weezer. Mais grâce à Hurley, la série vient de reprendre de l'intérêt.

Les pochettes laides, c'est une marque de fabrique chez Weezer. Après les photos du groupe fagoté comme pour un mariage grolandais sur un fond d'une couleur (d'où le nom des « blue », « red » ou « green » albums), le groupe s'était fendu l'an passé d'un chien qui sautait dans un salon... Là c'est l'acteur Jorge Garcia, le sympathique Hurley (titre de l'album) dans Lost, qui orne la jaquette. Bon il est cool Hurley, mais Kate en bikini ça aurait quand même été plus attirant...

Pas évident de comprendre le délire avec le personnage de Lost. A moins qu'il ne s'agisse d'une métaphore. La série ayant été au top pendant des années avant de finir en eau de boudin, on pourrait y voir un parallèle avec la carrière de Weezer, qui s'essouffle d'albums en albums. Même eux semblent sentir le vent tourner, allant jusqu'à planifier une tournée où ils joueront l'intégralité de leurs deux premiers albums, le « blue » et « Pinkerton ». Pas bon signe ça... Sauf que.

Oui, sauf que. Sauf que Weezer reste un groupe à part, qui parvient encore sur les 10 chansons règlementaires qui remplissent leurs opus, à faire partouzer la niaiserie et le génie. Pour Hurley, le groupe californien débarque sur le label indépendant Epitaph, dont le boss n'est autre que le guitariste du groupe punk mythique Bad Religion. On se prend alors à espérer un retour aux sources, à un son moins produit, à des titres power pop insouciants et entraînants. Bingo !

L'insouciance est bien le fil conducteur de l'album, en atteste le premier single, « Memories », parlant des souvenirs de tournée du groupe, de l'éclate qui était la leur, avec en illustration vidéo un clip aux côtés des joyeux lurons de Jackass. Débile mais génial. Le second degrés est omniprésent tout le long d'Hurley, avec par exemple « Where's My Sex », chanson catchy à souhait et dont le titre est à lui seul suffisamment évocateur des paroles hautement philosophiques clamées par un Rivers Cuomo qui redevient inspiré. Le break sur cette chanson vient de nulle part, change de rythme, avant de revenir à l'initial comme si de rien n'était.

Et en parlant de retour, Weezer a soigné le sien, et remis sa fin à plus loin. La mélancolie revient se tailler une place au soleil, et les mélodies chialantes se font poignantes, comme sur « Trainwrecks ». C'est l'amour, tout simplement, et avec une sincérité rafraîchissante. Tout n'est pas parfait, et on a souvent l'impression d'entendre un lycéen qui vient de se faire larguer après son premier léchage d'amygdales chanter avec sa guitare dans sa chambre (« Unspoken » et son final dantesque, « Time Files »). Toute cette mélancolie se fait des fois un peu trop coulante (« Run Away »), mais on pardonne vite au groupe de retomber dans une niaiserie qui se fait finalement plaisante.

On leur pardonne même leur reprise anecdotique du « Viva La Vida » de Coldplay dans l'édition limitée (et dispensable), grâce aux excellents titres qui auront donné envie se se secouer le boule dans son salon. Il y a par exemple ce « Hang On » qui cartonne, ce « Smart Girls » tellement idiot qu'il en devient fun, mais surtout, surtout, les petites bombes atomiques « Brave New World » et « Ruiling Me ». Cette dernière est tout simplement leur meilleure chanson depuis le « green » album. Tout ce qu'on attend de Weezer y est déversé en 3:30. Le voilà le gigatube, efficace dès la première écoute. Intro dansante, couplet nerveux, et refrain sorti de nulle part avec une armée de choeurs parfaits : prends-en de la graine, Lady Gaga !

Qu'on se le dise : Weezer is back, et finalement, c'était bien plus important d'avoir des belles chansons à l'intérieur qu'une jolie fille à l'extérieur. « C'est l 'intérieur qui compte », dit la légende. La vraie interprétation, c'est que ce qui compte, c'est d'être à l'intérieur de la fille, pour lui chatouiller le nombril. Where's My Sex ?

Sébastien Delecroix

Sébastien Delecroix


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