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Weezer : The Red Album ( Universal )
C’est désormais une tradition chez les Californiens : sortir de temps à autres un album avec une couleur pour tout titre, histoire de bien mettre le cirque dans les bases de données des disquaires de la planète. Un délire monochrome qui rajoute à lui-seul un surplus d’aura au disque, le rendant un peu plus « spécial » aux yeux du fan de base, puisque s’inscrivant dans une continuité réservée aux initiés.
Sans compter qu’avec la personnalité aléatoire de Rivers Cuomo, capable de pondre deux disques à la suite six mois seulement après avoir annoncé la dissolution de son groupe, la sortie d’un nouveau Weezer est toujours un événement en soi. Bien que la patte de Cuomo soit reconnaissable entre mille, chaque album de Weezer présente une orientation qui lui est propre ; le bleu sera post-grunge quand le vert sera plus pop, Pinkerton sera plus sombre et dissonant lorsque Maladroit présentera de-ci de-là quelques touches de heavy metal… Quant au prédécesseur direct de cet album rouge, Make Believe, il était clairement d’inspiration 80’s.
Doté du même producteur que ce dernier – Rick Rubin – cet album rouge serait pour sa part le pendant épique de la galaxie Cuomo, séquelles post-traumatiques d’une adolescence baignant dans le hard rock FM. Empilées avec maestria par Monsieur Rubin, les charges de guitares viennent soutenir des refrains conquérants taillés pour les stades (« Troublemaker », « Everybody get dangerous », l’imparable single « Pork and Beans ») tandis que « The greatest man that ever lived » – rien que le titre… – fait figure de morceau de bravoure avec sa structure en flux/reflux directement héritée des crescendos métalliques 70’s à la Styx.
Prudence toutefois à ne pas réduire ce sixième album à un ersatz de Spinal Tap, tant le songwriting délicat de Cuomo sait se rappeler à nos bons souvenirs, de l’autobiographique « Heart Songs » à « Thought I knew » en passant par un « The Angel and The One » qui conclut l’album sur des airs de « Only in dreams ». Un album pour les amateurs de power pop bien ciselée. En attendant le… Jaune ? Violet ? Rose ? Noir ?
Michael Rochette
Michael Rochette
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