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Wolfmother : Cosmic Egg
Le rock est à la mode. C'est même devenu une valeur sûre en terme de marketing. C'est qu'ils sont rigolos, ces mecs aux cheveux longs qui postillonnent dans leur micro, boivent du Jack Daniel's au goulot et se tapent des mannequins dans les loges. Le marché du jeu vidéo l'a bien compris, avec le succès de Guitar Hero, ou plus récemment Brutal Legend, ou l'histoire d'un roadie qui va tuer des créatures de l'enfer en faisant des solos de guitare (sic). Et pendant que les maisons de disques essaient aussi de fabriquer leurs groupes de rock virtuels (style Superbus ou Fall Out Boy), il y a des groupes comme Wolfmother, qui reprennent tous ces fameux clichés, mais se les approprient magnifiquement. Etre de bons musiciens, y a pas à dire, ça aide...
Avec la tuerie éponyme de 2006, le trio australien s'était vite imposé comme une véritable machine à remonter le temps. Retour dans les années 70 à grand coups de gueulantes que seuls les dauphins et autres animaux sensibles aux ultra-sons peuvent capter, de riffs de guitare qui poutrent, le tout parsemé de ballades bien romantiques histoire de choper de la gonzesse. Ca, Bon Jovi l'avait compris avant tout le monde ! Tous ces ingrédients ont été reversés dans ce nouvel opus, au nom étrange : Cosmic Egg. Et comme on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, les deux complices du chanteur Andrew Stockdale ont pris leurs cliques, leurs claques et leurs cloques. Ils sont donc remplacés, mais ce grand changement de line-up fait apercevoir un petit changement dans la musique de Wolfmother...
La durée de vie assez conséquente (16 titres) ne joue pas forcément en faveur de cet album, d'autant plus que de nombreux morceaux n'apportent rien d'exceptionnel au genre. Certains riffs sonnent comme déjà entendus, de même que certaines lignes de chant. Dommage, tant le charme du combo résidait en sa personnalité. Personnalité qui n'a du reste pas disparu pour autant, en atteste l'entrée en matière du feu de Satan (hey, c'est de métal dont on parle), l'enchaînement « California Queen » / « New Moon Rising » risquant bien d'aller faire vriller les toiles d'araignée de votre vieille voisine du dessus qui aime tant regarder Julien Lepers avec le son à fond. Pour se réconcilier avec elle, on pourra lui passer les ballades très plaisantes que sont « White Feather » ou surtout « Far Away ». Ca pas de doute, ça risque de donner envie à mamie de retirer son dentier pour venir vous taquiner les amygdales pendant un slow endiablé. Mais pour les amateurs de rock fort, qui préfèrent les effluves de la bière et de la transpiration à celles du désir et du sentiment, il y aura largement de quoi se déchaîner, avec quelques morceaux tronçonneuses, à l'instar de « Back Round », que l'intro annonce épique, et la déferlante qui suit va confirmer cette impression. Celle-là, elle risque d'être giga trop cool à jouer sur les guitares en plastique. Rouge-bleu-bleu,vert...
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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