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Young the giant : Young the giant
« The next big thing » est une expression anglo-saxonne qui désigne le prochain meilleur groupe du monde de la terre entière de l'univers. Le truc, c'est que ça change tous les 15 jours et que ça peut varier selon les magazines.
Dernière sensation du genre, Young The Giant, qui avec son premier album s'est vu vite fait bien fait propulsé en haut des charts alternatifs US et à qui on prédit déjà un avenir radieux. «Le bon endroit au bon moment », c'est une expression plus française qu'aimerait pouvoir adopter Dominique Strauss-Khan ces derniers jours, et qui va également très bien au groupe. Baptisés jusqu'en 2008 The Jakes, les 5 membres de Young The Giant se sont vus offrir un contrat sur Roadrunner Records, alors qu'ils tournaient avec Kings Of Leon. Un groupe de pop-rock sur le label de métal dont le succès s'est basé sur ceux de Slipknot et autres formations tapageuses ? Pourquoi pas. Sauf que, sauf que, depuis, le label s'est fait racheter par la Warner. Et voilà Young The Giant dans la même écurie que Batman. Le hasard fait bien les choses ! Car si le groupe a le vent en poupe, il le doit à la fraîcheur de son opus, qui au même titre que les Neon Trees ou New Politics, vient désacraliser un peu un genre qui a tendance à sombrer dans le côté depressivo-guimauve qui va bien. Certes on est encore loin de la révolution, le chanteur allant de temps à autres flirter sur les plate-bandes de Thom Yorke ou Chris Martin (« I Got », « God Made Man »), et s'illustrant notamment par un détachement, une nonchalance dans la voix qui doit le rendre encore plus cool aux yeux de la gent féminine. Mais parler de nouvelle sensation ou de successeur de Radiohead est quand même bien exagéré. Composé de 12 titres, la galette dure 51 minutes, et s'attarde de nombreuses fois, avec des titres mous et plats. Le groupe s'éternise en arrangement, en voix langoureuse qui ne décolle jamais, et ne confère pas aux titres le côté catchy que Young The Giant cherche absolument à se procurer. Pourtant ils savent le faire, à l'instar de ce « My Body », premier single et titre phare indiscutable. Il y a un gros potentiel, qui semble gâché au fur et à mesure que les minutes déroulent. On sent dans la grosse production de Joe Chiccarelli une envie de pondre des hymnes pour faire chavirer les stades, mais on reste dans la piscine municipale, avec par exemple un « 12 Fingers » sonnant comme un ersatz des Killers. Alors pour un premier album c'est plus que prometteur, mais l'engouement et la hype autour du groupe semblent bien exagérés, et on ne peut qu'espérer que Young The Giant deviendra grand en s'appuyant sur les points forts (qui sont tout de même nombreux) de ce disque, pour ne pas finir comme un groupe de supermarché qui s'écoute dans l'indifférence entre le rayon produits frais et l'étalage de légumes. Parce que l'ensemble fait quand même beaucoup penser à Maroon 5... aussi.
Sébastien Delecroix
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